L’Espagne vient de connaître le mois de septembre le plus chaud jamais enregistré depuis le début des relevés météorologiques nationaux en 1961. Selon un bilan publié vendredi 16 octobre 2026 par l’Agence météorologique espagnole (Aemet), la température moyenne du pays a atteint 22,5 °C, soit 3,4 °C au-dessus de la normale calculée sur la période 1991-2020. Ce niveau dépasse de 0,7 °C le précédent record, qui remontait à septembre 1987. L’ampleur de cette anomalie illustre le caractère exceptionnel des températures relevées sur l’ensemble du territoire espagnol, après un été déjà marqué par plusieurs épisodes de chaleur intense. Le phénomène est d’autant plus remarquable que septembre 2026 a été plus chaud qu’un été habituel en Espagne. Cette situation confirme les transformations climatiques auxquelles la péninsule Ibérique est confrontée, avec des périodes de fortes températures qui se prolongent désormais bien au-delà des mois traditionnellement considérés comme estivaux.
Les données communiquées par l’Aemet révèlent en effet une situation inédite : pour la première fois depuis le début des observations, la température moyenne d’un mois de septembre a dépassé celle normalement enregistrée pendant l’ensemble de l’été, établie à 22,1 °C sur la période de référence 1991-2020. Les températures du mois dernier ont donc été supérieures de 0,4 °C à cette moyenne estivale, un écart particulièrement significatif à l’échelle d’un pays entier. L’agence météorologique souligne que cette anomalie ne correspond pas simplement à quelques journées exceptionnellement chaudes, mais à un niveau thermique élevé sur l’ensemble du mois. Cette prolongation des conditions estivales peut avoir des conséquences importantes sur les ressources en eau, la production agricole et la consommation énergétique. Les températures élevées maintiennent notamment des besoins de climatisation importants et accentuent la pression sur certains territoires déjà fragilisés par la sécheresse. Pour les secteurs dépendant fortement des conditions météorologiques, comme l’agriculture et le tourisme, ces évolutions imposent également une adaptation progressive des calendriers et des pratiques professionnelles.
La France également frappée par une chaleur exceptionnelle et une sécheresse marquée
Cette situation ne concerne pas uniquement l’Espagne. En France, Météo-France a annoncé au début du mois d’octobre que septembre 2026 avait été le deuxième mois de septembre le plus chaud jamais enregistré dans le pays. Après plusieurs vagues de chaleur estivales, trois nouveaux épisodes de températures anormalement élevées ont été observés au cours du mois. Les températures maximales ont dépassé les normales de 4,5 °C en moyenne sur le territoire, témoignant d’une chaleur particulièrement intense pour cette période de l’année. Le déficit de précipitations a également été considérable. Septembre 2026 est devenu le troisième mois de septembre le moins arrosé depuis le début des relevés en 1958, derrière ceux de 1977 et 1985. Le manque de pluie a atteint 70 % à l’échelle nationale, aggravant les difficultés rencontrées dans plusieurs régions après un été marqué par des épisodes de sécheresse et de nombreux incendies. Cette combinaison de températures élevées et de faibles précipitations constitue un facteur de risque supplémentaire pour les milieux naturels, les exploitations agricoles et les réserves hydriques.
L’Espagne a également été confrontée à une succession d’événements météorologiques extrêmes au cours des derniers mois. Les fortes chaleurs estivales ont favorisé des incendies de végétation particulièrement destructeurs, tandis que le début du mois d’octobre a été marqué par des pluies torrentielles et une tempête présentant des caractéristiques tropicales en Catalogne. Ces intempéries ont provoqué la mort de deux personnes et entraîné la disparition d’une troisième. Cette alternance entre sécheresse prolongée et précipitations violentes illustre les difficultés croissantes auxquelles doivent faire face les territoires méditerranéens. Si chaque événement météorologique possède ses propres caractéristiques, les scientifiques soulignent que le réchauffement climatique augmente la fréquence et l’intensité de nombreux épisodes de chaleur et peut renforcer certaines conditions favorables aux phénomènes extrêmes. Pour les gouvernements européens, ces évolutions représentent un défi économique, environnemental et sanitaire majeur. La gestion des ressources en eau, la prévention des incendies, l’adaptation des villes et la protection des populations vulnérables figurent parmi les priorités appelées à prendre une importance croissante. Avec un mois de septembre plus chaud qu’un été normal, l’Espagne vient de franchir un nouveau seuil dans ses relevés climatiques, confirmant que les records de température ne se limitent désormais plus aux seuls mois de juillet et d’août.

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