Invité ce lundi matin dans L’Heure des Pros sur CNEWS, Philippe Ballard est revenu sur les raisons qui avaient conduit le Rassemblement national à rompre avec l’AfD allemande en 2024. Une rupture qui revient dans l’actualité après la victoire historique du parti d’extrême droite dimanche en Saxe-Anhalt, où il a recueilli 43,8 % des voix et terminé très largement en tête. Le député RN de l’Oise rappelle plusieurs « lignes rouges » : des propos sur les Waffen-SS, le concept de « remigration » visant aussi des personnes en situation régulière, ainsi que d’autres déclarations jugées incompatibles avec la ligne du parti français.
La rupture avait été officialisée le 21 mai 2024, à quelques semaines des élections européennes. L’élément déclencheur fut une déclaration de Maximilian Krah, alors tête de liste de l’AfD, affirmant que tous ceux qui avaient porté l’uniforme de la SS ne pouvaient pas être considérés automatiquement comme des criminels. Le RN avait alors annoncé qu’il ne siégerait plus avec l’AfD au Parlement européen. Marine Le Pen avait parlé quelques jours plus tard de la nécessité d’une « rupture nette ».
La « remigration », autre point de fracture
Mais les tensions étaient antérieures. En janvier 2024, une enquête du média allemand Correctiv avait révélé la participation de responsables de l’AfD à une réunion à Potsdam où avait été discuté un projet de « remigration » pouvant concerner des étrangers mais aussi des citoyens allemands d’origine étrangère. Marine Le Pen avait demandé des explications et prévenu qu’une telle conception était incompatible avec celle du RN. Les réponses obtenues n’avaient pas été jugées satisfaisantes.
Philippe Ballard a confirmé ce lundi cette distinction. Le RN assume vouloir expulser les étrangers clandestins ou sous OQTF, mais refuse l’idée d’expulser des personnes installées légalement au seul motif de leur origine. « Si vous voulez expulser des gens en situation régulière, cela peut sembler paradoxal », a-t-il expliqué sur CNEWS.
À cela s’ajoutaient d’autres polémiques au sein de l’AfD, notamment autour de figures comme Björn Höcke, condamné en Allemagne pour l’utilisation d’un slogan nazi, ainsi que diverses déclarations controversées concernant les personnes handicapées. Pour le RN, l’accumulation de ces épisodes avait fini par rendre l’alliance politiquement intenable.

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