Bruno Retailleau veut faire de la Constitution le premier chantier de son éventuel quinquennat. Le candidat LR à l’Élysée promet un « pacte constitutionnel » destiné à renforcer la souveraineté nationale, permettre davantage de référendums et faire primer, dans certains domaines, le droit français sur les normes européennes et internationales.
Pour Bruno Retailleau, cette réforme constitue « la mère de toutes les batailles ». Dans un entretien accordé au Figaro, le président des Républicains estime que l’État est aujourd’hui empêché d’agir suffisamment sur des sujets comme l’immigration ou la sécurité par un ensemble de contraintes juridiques nationales et européennes.
Son projet repose sur deux textes constitutionnels qu’il entend engager rapidement s’il est élu en 2027. Le premier viserait à « restaurer la souveraineté du peuple » et à modifier l’articulation entre le droit français, la Constitution et certaines normes internationales ou européennes. Retailleau veut permettre à la France de déroger, dans certains cas touchant aux « intérêts fondamentaux de la nation », à la primauté de normes européennes ou internationales.
« En France, la seule cour suprême, c’est le peuple »
Le second volet doit renforcer le recours au référendum. Bruno Retailleau souhaite notamment permettre aux Français de se prononcer directement sur des sujets qui ne peuvent aujourd’hui pas nécessairement être soumis au référendum dans le cadre de l’article 11 de la Constitution, en particulier l’immigration. Cette idée figurait déjà dans une proposition de loi constitutionnelle déposée par la droite au Sénat en 2023.
Le candidat LR veut ainsi placer le suffrage populaire au-dessus des blocages institutionnels qu’il dénonce. « En France, la seule cour suprême, c’est le peuple. Je lui donnerai le dernier mot », affirme-t-il, assumant une confrontation politique avec une conception de l’État de droit dans laquelle les juges constitutionnels et européens occupent une place importante.
Sur l’immigration, cette réforme constitutionnelle ouvrirait notamment la voie à des référendums et à des mesures aujourd’hui susceptibles d’être censurées ou limitées par les engagements internationaux de la France. Bruno Retailleau avait déjà défendu l’idée d’inscrire dans la Constitution le principe d’assimilation, de faciliter l’éloignement d’étrangers représentant une menace et de permettre au Parlement de fixer des objectifs en matière migratoire.
Avec ce « pacte constitutionnel », Bruno Retailleau entend donc faire de la question institutionnelle l’un des marqueurs principaux de sa campagne présidentielle : avant même les réformes sur l’immigration, la justice ou la sécurité, il veut modifier les règles qui déterminent ce que le pouvoir politique peut ou ne peut pas faire.

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