Le PIB des États-Unis a progressé de 1,5 % entre avril et juin, contre 2,1 % au trimestre précédent, sous l’effet d’un déficit commercial croissant et de la hausse des prix du carburant liée aux tensions avec l’Iran.
Le Bureau of Economic Analysis du département du Commerce a publié jeudi ses chiffres pour le deuxième trimestre 2026 : la croissance du produit intérieur brut américain s’établit à 1,5 %, un net recul par rapport aux 2,1 % enregistrés au premier trimestre. Deux facteurs principaux pèsent sur ce résultat : l’élargissement du déficit commercial et la remontée des prix de l’énergie, alimentée par les tensions entre Washington et Téhéran.
La consommation des ménages a progressé de 3,2 % sur la période, portée à la fois par les remboursements fiscaux généreux prévus par le « One Big Beautiful Bill Act » de Donald Trump et par des dépenses contraintes en carburant. Le prix moyen du gallon d’essence atteignait 4,09 dollars fin juillet, contre 3,84 dollars un mois plus tôt et seulement 2,98 dollars le 28 février, date des premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, selon l’American Automobile Association.
L’essor des investissements dans l’intelligence artificielle constitue un autre moteur de l’activité, mais il alimente lui aussi les déficits commerciaux en raison de la forte dépendance aux importations du secteur. « L’économie continue de reposer sur l’investissement technologique », a déclaré Rachel Ziemba, chercheuse associée au Center for a New American Security. Les centres de données tirent la croissance tout en soulevant des interrogations sur la soutenabilité du modèle, notamment face aux questions de financement circulaire qui soutiendraient artificiellement le secteur. Nvidia serait par ailleurs en négociations pour un investissement de 250 millions de dollars dans OpenAI, selon des informations publiées lundi.
Sur le front de l’inflation, l’indice PCE (Personal Consumption Expenditure), référence privilégiée de la Réserve fédérale, a augmenté de 3,7 % en rythme annuel en juin, après un bond de 4,1 % en mai. Ce léger reflux s’explique par une brève détente des prix du carburant le mois dernier, avant leur remontée. « Ce rapport est une photographie d’une économie sous un cessez-le-feu qui n’existe plus. Même avec le répit temporaire sur l’inflation du mois dernier, les prix restent élevés et les familles épargnent moins pour tenter de s’en sortir », a estimé Alex Jacquez, ancien membre du Conseil économique national sous Joe Biden.
La Fed a maintenu mercredi ses taux directeurs dans la fourchette 3,5-3,75 %, invoquant une inflation toujours « élevée ». Les marchés américains ont néanmoins progressé en séance, portés par les résultats de Microsoft : le Nasdaq gagnait 2,6 %, le S&P 500 1,2 % et le Dow Jones 0,5 %. L’or, valeur refuge en période d’incertitude, s’adjugeait 1,9 % à 4 108,30 dollars l’once.
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