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Festival de Busan : le cinéaste iranien Majid Majidi triomphe et décroche son ticket pour la course aux Oscars

Festival de Busan : le cinéaste iranien Majid Majidi triomphe et décroche son ticket pour la course aux Oscars — Festival de Busan : le cinéaste iranien Majid Majidi triomphe et décroche son ticket pour la course aux Oscars
Festival de Busan : le cinéaste iranien Majid Majidi triomphe et décroche son ticket pour la course aux Oscars

Le cinéma iranien s’est illustré sur la scène internationale. Le réalisateur Majid Majidi a remporté, jeudi 15 octobre, le grand prix du 31e Festival international du film de Busan, en Corée du Sud, pour son nouveau long-métrage « Midday Meal ». Présenté en première mondiale lors de cette édition, le film a été récompensé à l’unanimité par un jury de sept professionnels présidé par le cinéaste chinois Zhang Yimou. Une distinction particulièrement importante puisque, pour la première fois cette année, le lauréat du prix du meilleur film bénéficie d’une voie d’accès directe à la compétition des Oscars dans la catégorie du meilleur film international. Cette éligibilité ne garantit toutefois pas une nomination parmi les finalistes. Pour Majid Majidi, figure reconnue du septième art iranien, cette récompense constitue une nouvelle consécration et renforce la visibilité internationale de son œuvre.

Le film raconte l’histoire de Solan, un enseignant travaillant dans un village iranien défavorisé et isolé. Son ambition est modeste : obtenir un emploi stable dans l’éducation et disposer d’un logement convenable pour vivre avec sa mère. Mais la disparition annoncée d’un programme de repas scolaires menace directement la survie de son établissement. Confronté au manque de moyens et à la perspective d’une fermeture, il se retrouve entraîné dans des activités de contrebande pour tenter de maintenir son école en fonctionnement. À travers cette histoire, Majid Majidi explore plusieurs thèmes récurrents de son cinéma : la pauvreté, les inégalités sociales, l’accès à l’éducation et la dignité humaine. Le réalisateur s’inscrit ainsi dans une tradition du cinéma iranien qui privilégie les récits intimistes pour éclairer des réalités sociales plus larges. Son approche, centrée sur des personnages ordinaires confrontés à des choix difficiles, lui a déjà valu une importante reconnaissance critique à l’étranger.

Une victoire qui ouvre une nouvelle porte vers Hollywood

Cette récompense revêt une dimension particulière en raison des nouvelles règles d’éligibilité adoptées par l’Académie américaine des arts et des sciences du cinéma. Depuis 2026, le Festival de Busan figure parmi les six festivals internationaux dont les principaux lauréats peuvent accéder directement à l’examen des candidatures pour l’Oscar du meilleur film international, sans dépendre exclusivement de la sélection officielle effectuée par leur pays d’origine. Ce changement représente une avancée notable pour les réalisateurs travaillant dans des industries cinématographiques soumises à des contraintes politiques, économiques ou institutionnelles. Pour Majid Majidi, la perspective des Oscars n’est pas totalement nouvelle. En 1999, son film « Les Enfants du ciel » avait déjà obtenu une nomination dans cette catégorie, devenant le premier long-métrage iranien à atteindre ce stade de la compétition. Son nouveau succès à Busan pourrait donc lui permettre de retrouver la prestigieuse cérémonie américaine, près de trois décennies après cette première reconnaissance.

Lors de la remise du prix, le cinéaste a tenu à rendre hommage à sa mère, décédée quelques mois avant le début du tournage, ainsi qu’au peuple iranien. Il a également exprimé son souhait de voir émerger un monde débarrassé des guerres, placé sous le signe de la paix et de la solidarité. Au-delà de cette victoire individuelle, la 31e édition du Festival de Busan confirme le poids croissant de cet événement dans l’industrie cinématographique asiatique. Organisée du 6 au 15 octobre, elle a attiré plus de 200 000 spectateurs, un niveau de fréquentation inédit depuis 2015, et présenté 315 films, dont 94 premières mondiales. Le palmarès a également distingué le réalisateur indonésien Eddie Cahyono pour « Ibuki » et le cinéaste taïwanais Lee Yun Chan pour « To Be Ordinary ». En récompensant Majid Majidi, le festival offre une nouvelle exposition à un cinéma iranien reconnu pour sa capacité à raconter les réalités humaines et sociales de son pays. La prochaine étape se jouera désormais dans la course aux Oscars 2027, où « Midday Meal » pourra prétendre à une place parmi les films retenus par l’Académie.

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