La nouvelle adaptation des « Misérables » de Victor Hugo, réalisée par Fred Cavayé, s’installe à la première place du box-office français avec 480 822 entrées en une semaine. Malgré cette position, le film porté par Vincent Lindon, Tahar Rahim, Camille Cottin et Benjamin Lavernhe réalise un démarrage inférieur à celui des grandes adaptations littéraires de ces dernières années. Avec un budget estimé entre 33 et 41 millions d’euros, sa rentabilité pourrait devenir un véritable défi.
La première place du box-office ne suffit pas toujours à garantir le succès commercial d’un film. Sorti dans les salles françaises le 14 octobre 2026, « Les Misérables » de Fred Cavayé a attiré précisément 480 822 spectateurs lors de sa première semaine d’exploitation, avant-premières comprises. Ce résultat lui permet de prendre la tête du classement national pour la période du 14 au 20 octobre, devant « Ducobu et le fantôme de Saint-Potache » et « Heart of the Beast ». Sur les seuls sept jours d’exploitation, hors avant-premières, le long métrage a enregistré près de 446 000 entrées. Un score loin d’être négligeable, mais qui apparaît relativement modeste au regard des ambitions de cette superproduction française, largement distribuée et accompagnée d’une importante campagne promotionnelle.
Le film bénéficie pourtant d’une distribution particulièrement prestigieuse. Vincent Lindon, Tahar Rahim, Camille Cottin et Benjamin Lavernhe figurent au générique de cette nouvelle adaptation de l’œuvre de Victor Hugo, consacrée notamment au destin de Jean Valjean et aux grandes fractures sociales de la France du XIXe siècle. Avec une durée de près de trois heures, Fred Cavayé propose une fresque historique ambitieuse, destinée à séduire un large public. La sortie avait été présentée comme l’un des événements cinématographiques majeurs de l’automne. Mais les premiers résultats révèlent un décalage entre l’importance des moyens engagés et la fréquentation observée. La question est désormais de savoir si le bouche-à-oreille et les vacances de la Toussaint permettront au film de prolonger suffisamment sa carrière en salles.
Un démarrage très inférieur au « Comte de Monte-Cristo » et aux « Trois Mousquetaires »
La comparaison avec les grandes adaptations littéraires françaises récentes est particulièrement révélatrice. En avril 2023, « Les Trois Mousquetaires : D’Artagnan », réalisé par Martin Bourboulon avec François Civil, Vincent Cassel, Romain Duris et Pio Marmaï, avait dépassé le million d’entrées dès sa première semaine. Le film avait terminé son exploitation autour de 3,3 millions de spectateurs. En juin 2024, « Le Comte de Monte-Cristo », porté par Pierre Niney, avait réalisé un démarrage encore plus impressionnant, avec près de 1,2 million d’entrées en sept jours. Son succès s’était ensuite confirmé sur la durée, jusqu’à atteindre environ 9,4 millions de spectateurs. Avec moins de 500 000 entrées pour ses débuts, « Les Misérables » se situe donc nettement en dessous de ces deux références du cinéma français.
Cette différence est d’autant plus préoccupante que le budget du film est particulièrement élevé. Selon les estimations rapportées par plusieurs médias spécialisés, la production aurait coûté entre 33 et 41 millions d’euros, un investissement considérable pour le cinéma français. Les recettes en salles ne reviennent toutefois pas intégralement aux producteurs, puisqu’elles sont partagées entre les exploitants, les distributeurs et les différents intervenants. À ce niveau de dépenses, les performances commerciales devront donc être importantes pour permettre d’amortir les sommes engagées. Certains observateurs estiment que le film pourrait terminer sa carrière française autour de 1,5 à 2 millions d’entrées si sa fréquentation suit une évolution habituelle. Ces projections restent néanmoins incertaines : les recettes internationales, les ventes aux diffuseurs et les autres modes d’exploitation entreront également dans son bilan financier.
« Ducobu » et « Heart of the Beast » complètent le podium
Derrière « Les Misérables », le classement de la semaine confirme la bonne résistance du cinéma familial. « Ducobu et le fantôme de Saint-Potache », réalisé par Élie Semoun, avec Gustavia Harfouch, occupe la deuxième place avec 281 827 entrées supplémentaires, portant son cumul à 511 420 spectateurs après deux semaines d’exploitation. Le film enregistre ainsi une progression de sa fréquentation hebdomadaire, un signal encourageant à l’approche des vacances scolaires. Sur la troisième marche du podium, « Heart of the Beast », avec Brad Pitt, attire 217 224 nouveaux spectateurs et totalise désormais près de 1,39 million d’entrées. La quatrième position revient à « La Maison de nos rêves », avec un peu plus de 200 000 entrées, tandis que le film d’horreur « Malfaisante » complète le quinté de tête avec 198 602 spectateurs. « Street Fighter », autre nouveauté attendue, démarre plus difficilement avec 151 184 entrées.
Les prochaines semaines seront déterminantes pour connaître le véritable destin commercial des « Misérables ». Les vacances de la Toussaint pourraient permettre au film de toucher un public familial et scolaire, particulièrement sensible aux adaptations des grands classiques de la littérature française. Sa réception auprès des spectateurs constitue également un facteur important : malgré un démarrage inférieur aux attentes, les premiers retours du public apparaissent plutôt favorables sur certaines plateformes spécialisées. Reste à savoir si cette appréciation se traduira par une fréquentation soutenue dans les salles. Pour les producteurs, l’enjeu est considérable, tant sur le plan financier que pour l’avenir des grandes fresques historiques françaises. Avec près de 481 000 spectateurs en une semaine, « Les Misérables » réussit à dominer le box-office, mais doit encore démontrer qu’il possède les ressources nécessaires pour devenir l’un des grands succès populaires de l’année 2026.

Réagir à l’article
Soyez le premier à commenter cet article.