La 30e édition de The American French Film Festival s’est ouverte mardi 3 novembre 2026 à Los Angeles. Jusqu’au 8 novembre, une soixantaine de films, séries et courts-métrages français seront présentés aux professionnels et au public américain. Un rendez-vous stratégique pour les productions françaises qui cherchent à s’imposer à Hollywood, à quelques mois de la cérémonie des Oscars.
Le cinéma français s’invite à Hollywood pour six jours de projections, de rencontres et de discussions professionnelles. Organisé au complexe de la Directors Guild of America, sur Sunset Boulevard, The American French Film Festival (TAFFF) célèbre cette année sa 30e édition. Anciennement connu sous le nom de COLCOA, l’événement a été créé en 1997 à l’initiative du Fonds culturel franco-américain, qui réunit notamment la Directors Guild of America, la Motion Picture Association, la Sacem et la Writers Guild of America West. Depuis sa création, plus de 1 200 films et séries français ont été présentés dans le cadre du festival. Cette année, la programmation comprend 34 longs-métrages, 12 séries et 14 courts-métrages, avec plusieurs avant-premières américaines et internationales. Parmi les 60 œuvres sélectionnées, 45 ont bénéficié d’un soutien du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), témoignant de l’importance du financement public dans la production audiovisuelle française.
La soirée d’ouverture du mardi 3 novembre a été consacrée à « In Waves », un long-métrage d’animation réalisé par Phuong Mai Nguyen et adapté du roman graphique d’AJ Dungo. L’histoire, située en Californie, explore les thèmes de l’amour, du deuil et de la mémoire. C’est la première fois qu’un film d’animation ouvre le festival. La programmation réunit également plusieurs cinéastes reconnus, dont Stéphane Brizé avec « À pied d’œuvre », présenté à l’international sous le titre « A Good Little Soldier », Pierre Salvadori avec « La Vénus électrique », Guillaume Canet avec « Karma » et Éric Toledano et Olivier Nakache avec « Juste une illusion ». Le festival doit aussi accueillir « L’Abandon » de Vincent Garenq, consacré aux derniers jours précédant l’assassinat du professeur Samuel Paty, ainsi que les deux volets de la fresque historique « De Gaulle » réalisée par Antonin Baudry. La manifestation se clôturera le 8 novembre avec « Le Rêve américain » d’Anthony Marciano, inspiré du parcours de deux Français devenus agents de joueurs de NBA.
Une vitrine stratégique avant la saison des Oscars
Au-delà de la découverte de nouveaux films, le festival constitue une occasion de présenter les productions françaises aux distributeurs, critiques et professionnels américains. Sa tenue à Los Angeles, au début de la saison des récompenses cinématographiques, lui confère une place particulière dans la stratégie de visibilité internationale des œuvres. Plusieurs films programmés figurent parmi les candidats proposés par différents pays pour l’Oscar du meilleur film international en 2027. C’est notamment le cas de « Minotaur » d’Andreï Zviaguintsev, présenté par la France, mais aussi de « Coward » de Lukas Dhont pour la Belgique, de « Fjord » de Cristian Mungiu pour la Roumanie, de « All of a Sudden » de Ryūsuke Hamaguchi pour le Japon et de « Strawberries » de Laïla Marrakchi pour le Maroc. Leur présence au festival ne garantit évidemment aucune nomination, mais elle peut contribuer à leur exposition auprès des professionnels et des relais d’opinion américains.
L’enjeu est également économique. Le marché américain représente une opportunité importante pour les producteurs français, qui cherchent à développer les ventes internationales de leurs films et séries dans un environnement dominé par les grandes productions hollywoodiennes et les plateformes de streaming. Du 4 au 7 novembre, un programme professionnel organisé avec le CNC doit permettre aux acteurs des deux industries de discuter de leurs collaborations. Plusieurs rencontres aborderont notamment l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la création audiovisuelle, la commercialisation des films français auprès des jeunes spectateurs américains et les possibilités de tournage en France. Le CNC présentera également les dispositifs fiscaux destinés à attirer les productions internationales sur le territoire français. Les récompenses du festival seront annoncées lors de la cérémonie de clôture, le 8 novembre. Pour les films sélectionnés, cette semaine hollywoodienne représente ainsi une double opportunité : rencontrer un nouveau public et renforcer leurs perspectives de diffusion sur le marché américain.









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