Un Boeing 777-300ER d’Air France a interrompu sa course au décollage à l’aéroport international d’Ottawa, au Canada. Les faits se sont déroulés dimanche dernier. Alors que l’appareil accélérait sur la piste pour prendre son envol, les pilotes ont décidé de renoncer au décollage et ont déclenché les inverseurs de poussée des réacteurs pour ralentir l’avion. Le long-courrier s’est finalement immobilisé sans quitter le sol.
L’incident concerne un Boeing 777-300ER immatriculé F-GSQO, affecté au vol AF327 reliant Ottawa à Paris-Charles-de-Gaulle. L’interruption s’est produite à faible vitesse, pendant la phase d’accélération précédant le décollage. Les raisons qui ont conduit l’équipage à arrêter la manœuvre n’ont pas été précisées.
Les pilotes déclenchent les inverseurs de poussée pour arrêter l’avion
La manœuvre effectuée par l’équipage est appelée Rejected Takeoff, ou interruption de décollage. Elle consiste à abandonner le décollage alors que l’avion a déjà commencé à accélérer sur la piste. Les pilotes réduisent la puissance des moteurs, appliquent le freinage et peuvent utiliser les inverseurs de poussée pour contribuer à ralentir l’appareil.
Sur le Boeing 777, ces inverseurs permettent de rediriger une partie du flux d’air des réacteurs afin de produire une force opposée au déplacement de l’avion. Habituellement employés après l’atterrissage, ils peuvent également être utilisés lors d’une interruption de décollage. Dans le cas de l’appareil d’Air France à Ottawa, leur activation a accompagné la décélération du long-courrier jusqu’à son arrêt.
Pourquoi un avion peut-il renoncer à décoller ?
Une interruption de décollage peut être décidée pour plusieurs raisons : une alerte technique, une anomalie moteur, un problème de configuration de l’appareil, la présence d’un obstacle sur la piste ou une instruction du contrôle aérien. La décision dépend notamment de la vitesse atteinte et de la nature du problème détecté.
Les équipages sont entraînés à cette procédure sur simulateur. Ils doivent notamment respecter les critères associés à la vitesse V1, vitesse de décision calculée avant chaque décollage. Au-delà de cette vitesse, une interruption n’est normalement envisagée que si l’avion ne peut pas voler, car la distance de piste restante peut être insuffisante pour s’arrêter.
Air France a déjà été confrontée à plusieurs incidents impliquant ses avions long-courriers. En février, un Boeing 777 avait dû revenir à Fort-de-France après un incident sur l’un de ses moteurs. En décembre 2025, un Airbus A320 reliant Paris à Ajaccio avait été dérouté vers Lyon après une anomalie moteur.
Concernant l’épisode d’Ottawa, aucune information précise n’a été établie sur l’anomalie ou l’événement ayant motivé la décision des pilotes. Les données de suivi du vol AF327 confirment que le Boeing 777-300ER a finalement rejoint Paris-Charles-de-Gaulle le lundi 2 novembre.









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