Avec The Social Reckoning, sorti au cinéma en France mercredi 7 octobre, Aaron Sorkin revient sur Facebook seize ans après The Social Network. Scénariste du film réalisé par David Fincher en 2010, il signe cette fois également la réalisation. Ce nouveau long-métrage s’intéresse aux révélations d’une lanceuse d’alerte et aux conséquences des choix effectués par le réseau social, devenu un acteur majeur de l’information et du débat public.
Le film réunit Mikey Madison, Jeremy Allen White et Jeremy Strong dans les trois rôles principaux. Bill Burr, Wunmi Mosaku, Betty Gilpin et Billy Magnussen complètent la distribution. Présenté comme un prolongement de The Social Network, le projet déplace le regard : après les ambitions et les conflits entourant la naissance de Facebook, place aux responsabilités d’une entreprise dont les plateformes touchent des milliards d’utilisateurs.
Mikey Madison et Jeremy Allen White portent l’enquête
Mikey Madison incarne Frances Haugen, ancienne employée de Facebook devenue lanceuse d’alerte. Jeremy Allen White interprète Jeff Horwitz, journaliste du Wall Street Journal, avec lequel elle partage des documents internes. Leur collaboration nourrit les « Facebook Files », l’enquête publiée en 2021. Le scénario suit leurs échanges et le travail nécessaire pour transformer ces informations confidentielles en révélations accessibles au public.
Les documents soulèvent notamment des questions sur les effets des plateformes sur les adolescents et sur la circulation de contenus favorisant la désinformation ou la violence politique. Sorkin organise son récit autour du conflit entre la sécurité des utilisateurs et les objectifs économiques de l’entreprise. Le thriller journalistique devient ainsi un moyen d’examiner les conséquences humaines des décisions prises au sein d’un groupe technologique.
Jeremy Strong reprend le rôle de Mark Zuckerberg
Jeremy Strong succède à Jesse Eisenberg dans le rôle du fondateur de Facebook. Le personnage apparaît désormais à la tête d’une entreprise mondiale, confrontée aux conséquences de son fonctionnement et aux critiques de ses pratiques. Le film adopte un regard sévère sur ses arbitrages, tout en conservant la forme d’une œuvre dramatique inspirée de faits réels. Les scènes et les dialogues participent à cette construction cinématographique.
La liberté d’expression constitue l’un des axes du récit. Dans des déclarations rapportées par TF1 Info, Aaron Sorkin explique vouloir distinguer une opinion impopulaire d’un mensonge. Le film interroge ainsi la responsabilité d’une plateforme qui organise la visibilité des messages et favorise certains contenus. Cette approche traduit la position du réalisateur sur les réseaux sociaux, plutôt qu’une définition juridique des limites de la liberté d’expression.
Un thriller politique qui divise la critique
La réception du film reste partagée. Plusieurs critiques saluent le sérieux du sujet et la qualité des interprétations, tandis que d’autres jugent la démonstration trop insistante ou les personnages insuffisamment développés. La comparaison avec The Social Network demeure difficile à éviter. Elle met aussi en lumière la différence entre les deux projets : le premier racontait la naissance d’un empire, le second cherche à exposer les conséquences de son pouvoir.
À travers Frances Haugen et Jeff Horwitz, The Social Reckoning prolonge l’intérêt de Sorkin pour le journalisme et les rapports entre vérité et pouvoir. La collecte des preuves, leur publication et la réaction de l’entreprise structurent une histoire qui pose la question de l’efficacité des révélations. Le film met ainsi au premier plan ceux qui tentent de rendre visibles les mécanismes d’un géant du numérique et d’obtenir qu’il réponde de ses décisions.

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