Emmanuel Macron inaugure lundi le Mondial de l’automobile de Paris pour la dernière fois en tant que chef de l’État, avec l’ambition de faire adopter à l’échelle européenne une préférence marquée pour les véhicules produits au sein de l’Union, batteries et composants inclus.
C’est un rendez-vous qu’il n’a jamais manqué depuis son arrivée à l’Élysée. Emmanuel Macron se rend ce lundi au Mondial de l’automobile de Paris, salon biennal qui se tient au Parc des expositions de la porte de Versailles, pour ce qui constitue sa dernière visite en tant que président de la République. L’occasion de faire le point sur une filière que l’Élysée présente comme « au cœur » de l’industrie française, avec 400 000 emplois directs sur le territoire.
La présidence met en avant les progrès accomplis depuis 2017 sur le front de l’électrification. Avant cette date, la production française de voitures électriques reposait quasi exclusivement sur la Renault Zoé, et le pays ne disposait d’« aucune usine de batteries ». Depuis, quatre gigafactories ont vu le jour dans le nord de la France, et la production de véhicules électriques a sensiblement progressé. Elle reste néanmoins insuffisante : en 2025, 331 000 voitures électriques neuves ont été immatriculées en France, pour seulement 216 000 unités produites sur le sol national. Et six de ces véhicules fabriqués en France sur dix partent à l’export, notamment vers le Royaume-Uni. Au final, seuls 26 % des véhicules électriques achetés en France sont d’origine française. L’objectif gouvernemental de deux millions de véhicules électriques produits par an d’ici à 2030 reste donc très loin d’être atteint.
La visite présidentielle sera précédée, dimanche soir, d’un dîner à l’Élysée réunissant une soixantaine d’acteurs de la filière : constructeurs, équipementiers, fabricants de batteries et entreprises spécialisées dans les terres rares, françaises et européennes. La présidence a précisé qu’aucun patron de marque ni exposant chinois ne sera convié à cette table, même si le salon accueillera bien de nombreux constructeurs venus de Chine. Le lendemain, Macron s’arrêtera notamment sur les stands de Stellantis, de Renault et de l’équipementier Valeo, avant de conclure sa visite par une table ronde consacrée à la voiture autonome.
Sur le fond, c’est la question de la concurrence chinoise qui structure le message politique de cette édition. La Chine dispose d’une capacité d’exportation automobile de 55 millions de véhicules toutes catégories confondues, contre 12 millions pour l’Europe. Face à ce déséquilibre, Paris plaide pour que les aides publiques européennes soient conditionnées à une production « réelle » au sein des vingt-sept États membres, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur, des batteries aux pièces détachées. L’objectif est d’éviter ce que l’Élysée appelle les « usines tournevis », où « le dernier boulon est assemblé en Europe » tandis que tous les composants proviennent d’ailleurs. Paris se dit ouvert aux investissements chinois en Europe, à condition qu’ils s’accompagnent de transferts de technologie.
Aligner cette position avec Berlin s’avère cependant complexe. L’Allemagne, dont les constructeurs sont très exposés au marché chinois, redoute des représailles commerciales si l’accès de Pékin au marché européen venait à se restreindre. Une source à la présidence reconnaît que les intérêts des deux pays « ne sont pas totalement les mêmes », l’Allemagne exportant bien davantage de véhicules que la France. Le quotidien économique allemand Handelsblatt a évoqué cette semaine un accord en gestation : Paris accepterait d’abaisser l’objectif européen de réduction des émissions de CO2 des voitures neuves à l’horizon 2035, en le ramenant de 90 % à 80 % par rapport aux niveaux de 2021, en échange du soutien de Berlin à des règles « Made in Europe » plus contraignantes. L’Élysée a démenti tout accord conclu, tout en confirmant que des discussions sont bien en cours sur ces deux volets.
Le Mondial de l’automobile ouvrira ses portes au grand public du 13 au 18 octobre, après une journée réservée à la presse ce lundi.

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