Pyongyang affirme avoir testé un missile balistique à portée intermédiaire intégrant l’intelligence artificielle, capable de modifier sa trajectoire en vol à basse altitude. Une annonce qui suscite le scepticisme de certains experts.
Kim Yo Jong, sœur du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, a pris la parole dimanche 4 octobre pour commenter le tir d’un missile balistique supervisé par son frère. Selon elle, ce « missile stratégique de portée intermédiaire » serait doté d’une capacité inédite : modifier sa trajectoire de vol à basse altitude grâce à l’intelligence artificielle. Sa conclusion est sans nuance : « il n’existe aucun moyen d’éviter l’attaque de ce type de missile ».
Kim Jong-un a abondé dans le même sens, affirmant qu’« aucun pays du monde ne pourrait avoir accès à une telle technologie avant au moins plusieurs années ». Des déclarations volontairement provocatrices, formulées sans aucun détail technique sur la nature du système d’IA embarqué, ni sur son origine, qu’il s’agisse d’un modèle développé en interne ou issu de sources ouvertes.
Côté sud-coréen, l’état-major avait signalé dans la matinée le tir d’un missile balistique depuis la région de Wonsan, en direction de la mer de l’Est. Le projectile est retombé en mer à environ 700 kilomètres de son point de lancement. Séoul a aussitôt renforcé sa surveillance, dans un climat déjà tendu : le 21 septembre, trois soldats sud-coréens avaient été blessés par des mines antipersonnelles dans la Zone démilitarisée qui sépare les deux pays.
La prudence reste de mise face à ces annonces. Hong Sung-pyo, chercheur principal à l’Institut coréen des affaires militaires, estime qu’il est trop tôt pour déterminer si les affirmations de Pyongyang correspondent à une réalité opérationnelle. L’intégration de l’intelligence artificielle dans des systèmes d’armes n’est pas une nouveauté à l’échelle mondiale, notamment pour le pilotage de drones, mais son application revendiquée à un missile balistique constituerait un saut qualitatif significatif si elle était avérée.
Cette annonce s’inscrit dans une dynamique plus large. En septembre, Kim Jong-un avait visité plusieurs sites industriels de défense en plaidant pour l’automatisation des armements offensifs et défensifs par l’IA, une orientation déjà affichée en début d’année. Certains analystes évoquent également l’ambition de Pyongyang de développer des drones autonomes, sur le modèle de ce qui se déploie sur le terrain en Ukraine.

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