Pierre Moscovici estime que les retraités ne peuvent pas être totalement exclus de l’effort demandé pour redresser les finances publiques. Dans un entretien publié dimanche par La Dépêche, il appelle toutefois à distinguer les pensions importantes des retraites moyennes ou modestes.
La question de la contribution des retraités au budget 2027 continue d’alimenter le débat. Interrogé par La Dépêche lors d’un déplacement à Toulouse, Pierre Moscovici défend le principe d’un effort auquel les retraités participeraient, mais refuse de les considérer comme une catégorie financièrement homogène.
L’ancien ministre de l’Économie souligne que le niveau de vie des retraités doit être examiné de manière différenciée. Il rappelle notamment qu’avec une retraite médiane située autour de 1 600 euros, une grande partie des pensionnés ne dispose pas de revenus permettant de supporter indifféremment de nouvelles mesures d’économie.
Protéger les pensions modestes
Pierre Moscovici plaide donc pour une logique progressive : demander davantage aux retraités disposant des pensions les plus importantes tout en protégeant les revenus plus modestes. Cette prise de position intervient alors que plusieurs pistes concernant les pensions et leur fiscalité sont discutées dans le cadre du budget 2027.
Il ne s’agit toutefois pas d’un nouvel arbitrage gouvernemental. Moscovici expose ici sa propre conception de la répartition de l’effort budgétaire, tandis que les mesures définitives devront encore être débattues.
Des aides ciblées face à la hausse des carburants
Sur l’énergie et les carburants, Pierre Moscovici défend également une approche ciblée. Plutôt qu’une prise en charge généralisée du coût de la hausse par les finances publiques, il privilégie des aides concentrées sur les ménages directement touchés et estime que les distributeurs peuvent également être appelés à modérer leurs marges.
Son argument est budgétaire : les mécanismes de soutien très larges mis en place lors des précédentes crises énergétiques ont représenté des dizaines de milliards d’euros pour les finances publiques. Pour l’ancien premier président de la Cour des comptes, le prochain dispositif doit donc concilier soutien au pouvoir d’achat et maîtrise de la dépense.

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