Le gouvernement prépare son dernier budget avant la présidentielle dans un contexte économique particulièrement dégradé. Pour 2027, l’exécutif de Sébastien Lecornu table sur une croissance de seulement 1 %, après une année 2026 marquée par un sérieux coup de frein de l’économie française. Dans le même temps, l’objectif de réduction du déficit devient de plus en plus difficile à tenir.
Le ministre de l’Économie Roland Lescure a présenté vendredi le cadrage macroéconomique retenu pour le prochain budget. Bercy espère une croissance de 1 % en 2027, après seulement 0,5 % attendus par le gouvernement cette année. L’Insee est même légèrement plus pessimiste pour 2026, avec une prévision limitée à 0,4 %.
Une économie française quasiment à l’arrêt en 2026
L’écart avec les prévisions initiales est important. Le budget 2026 avait été construit sur une croissance de 1 %, avant que cette estimation ne soit progressivement abaissée. Guerre au Moyen-Orient, hausse des prix de l’énergie, canicules, taux d’intérêt élevés et faiblesse de l’investissement ont fortement pesé sur l’activité.
Cette situation complique considérablement l’équation budgétaire. Roland Lescure a déjà reconnu que l’objectif d’un déficit ramené à 5 % du PIB en 2026 ne serait pas atteint. La charge de la dette devrait par ailleurs atteindre environ 65 milliards d’euros cette année, soit 4,5 milliards de plus qu’initialement prévu.
Les derniers arbitrages attendus jeudi
Le gouvernement veut néanmoins croire à un léger rebond l’année prochaine. Bercy présente son hypothèse de 1 % comme « réaliste », même si les marges de manœuvre restent extrêmement réduites. Les derniers arbitrages du budget 2027 doivent être arrêtés jeudi avant la présentation du texte au Parlement à la fin du mois.
Pour Sébastien Lecornu, l’équation est autant politique qu’économique. À quelques mois de la présidentielle, il lui faudra trouver plusieurs dizaines de milliards d’euros d’économies tout en évitant de provoquer une nouvelle crise politique à l’Assemblée nationale. Et avec une croissance presque à l’arrêt, l’espoir de réduire rapidement le déficit s’éloigne encore un peu plus.

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