Jean-Noël Barrot a annoncé ce mardi que la France allait mettre fin au commerce avec les colonies israéliennes situées dans les Territoires palestiniens occupés. Paris agit aux côtés de onze autres pays, dont le Royaume-Uni, le Canada, l’Espagne, l’Irlande, la Norvège et la Suède, qui ont pris ou envisagent des mesures similaires.
Le ministre des Affaires étrangères justifie cette décision par la dégradation rapide de la situation en Cisjordanie. Il dénonce « l’expansion effrénée » des colonies, les violences commises par des colons extrémistes contre des Palestiniens et une situation qui, selon lui, menace directement la solution à deux États. La déclaration commune des douze pays évoque également le projet de colonie E1 et demande au gouvernement israélien de mettre fin à l’expansion des implantations.
Une mesure ciblée sur les colonies, pas sur Israël
Jean-Noël Barrot insiste toutefois sur le fait que la France reste attachée à la sécurité d’Israël. Dans son message, il rappelle la condamnation de l’attaque terroriste du 7 octobre 2023 et estime qu’aucune paix durable n’est possible sans garanties de sécurité pour Israël. La mesure française vise donc les biens issus des colonies israéliennes considérées comme illégales au regard du droit international, et non l’ensemble du commerce avec Israël.
La portée concrète des restrictions françaises doit encore être précisée. La déclaration commune indique que certains États imposeront des restrictions nationales, tandis que d’autres soutiendront des mesures à l’échelle européenne ou devront encore les adopter selon leurs propres procédures. Le Royaume-Uni a déjà annoncé une interdiction d’importation des produits issus des colonies et des sanctions contre certaines entreprises ou personnes participant à leur expansion.
Cette nouvelle initiative marque un durcissement supplémentaire de la position française sur la colonisation en Cisjordanie. En juin, Paris avait déjà pris avec plusieurs partenaires des sanctions visant des individus et entités impliqués dans les violences et l’expansion des colonies. La France souhaite désormais que l’Union européenne adopte à son tour des restrictions commerciales comparables.

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