Hier soir, lors d’une émission consacrée à la mort de Lyhanna, 11 ans, Gérald Darmanin a été interpellé par Rudy, un père originaire de Gap. Devant le ministre de la Justice, il a raconté l’histoire de sa fille mineure, victime, d’après son récit, de violences sexuelles en quelques mois. L’un des hommes mis en cause serait le père d’une amie de sa fille.
« Ma fille pleure tous les soirs »
Rudy affirme que l’homme accusé d’avoir violé sa fille était déjà visé par plusieurs plaintes. Le procureur aurait demandé son placement en détention provisoire. Mais le juge des libertés et de la détention a refusé l’incarcération, estimant, selon le père, que l’homme n’était pas dangereux. Résultat : l’homme est libre. « Ma fille, tous les soirs, elle pleure », a lancé Rudy.
« J’y vais, je le tue ? »
Le père a dit son impuissance, sa colère et sa peur de voir l’homme continuer à approcher des enfants. Il affirme avoir sollicité la police, son avocate, des associations et des élus, sans obtenir de solution immédiate. Face à ce blocage, il a posé la question la plus brutale de la soirée : « Qu’est-ce que je fais ? J’y vais, je le tue ? »
Trois plaintes, aucune détention
Dans son intervention, Rudy a évoqué trois plaintes et plusieurs fillettes qui seraient concernées. Il a aussi dénoncé l’absence, à sa connaissance, de mesure d’éloignement. « Comment je peux avoir confiance à la justice ? », a-t-il demandé, en visant directement le rôle du juge des libertés et de la détention dans le maintien en liberté de l’homme mis en cause.
Darmanin reconnaît une situation « anormale »
Gérald Darmanin a répondu qu’il ne connaissait pas personnellement le dossier. Mais il a ajouté que, si les faits étaient tels que décrits, la situation était « tout à fait anormale » et contraire à ce que prévoit la loi. Le ministre a aussi rappelé les délais très longs de la justice criminelle : six ans en moyenne pour obtenir un jugement après des faits de viol, huit ans lorsqu’un meurtre est en cause.
Le poids de l’affaire Lyhanna
Cette séquence intervient dans un contexte national explosif, après la mort de Lyhanna, 11 ans, disparue le 29 mai à Fleurance, dans le Gers. Son corps a été retrouvé le 4 juin dans un silo agricole désaffecté, à Puycasquier. Le principal suspect, père d’une camarade de la fillette, avait déjà été visé par plusieurs accusations impliquant des mineures.