Le tribunal correctionnel de Soissons a reconnu Christophe Ellul coupable d’homicide involontaire après la mort d’Elisa Pilarski, tuée par morsures en 2019 dans la forêt de Retz. Son chien Curtis, désigné comme l’auteur des blessures mortelles, devra être euthanasié.
Quatre ans de prison avec sursis
Près de sept ans après la mort d’Elisa Pilarski, le tribunal correctionnel de Soissons a rendu sa décision. Christophe Ellul, compagnon de la jeune femme au moment des faits et propriétaire du chien Curtis, a été condamné à quatre ans de prison avec sursis pour homicide involontaire. Le tribunal a également ordonné l’euthanasie de Curtis, identifié par l’enquête comme le chien à l’origine des morsures mortelles. Le jugement arrive à la suite d’un procès tenu du 3 au 5 mars. À l’issue des audiences, le ministère public avait requis la même peine : quatre ans de prison avec sursis contre Christophe Ellul et l’euthanasie de son chien.
Elisa Pilarski retrouvée morte en forêt
Le 16 novembre 2019, Elisa Pilarski, 29 ans, enceinte de six mois, est retrouvée morte dans la forêt de Retz, dans l’Aisne. Elle s’était rendue sur place pour promener Curtis, le chien de son compagnon. Son corps présentait de très nombreuses morsures canines, dont plusieurs blessures graves ayant entraîné une hémorragie fatale. L’affaire avait immédiatement suscité une forte émotion. Le jour du drame, une chasse à courre se déroulait dans le secteur. Christophe Ellul avait d’abord mis en cause les chiens de l’équipage de chasse, affirmant que Curtis n’était pas responsable de l’attaque. Cette hypothèse a ensuite été écartée par l’instruction.
Curtis désigné par les expertises
Les expertises génétiques et vétérinaires ont progressivement orienté l’enquête vers Curtis. Les analyses ADN réalisées sur les blessures d’Elisa Pilarski ont mis en cause le chien de Christophe Ellul. Les chiens de chasse présents dans le secteur ont, eux, été écartés par les investigations. Les experts ont conclu que les morsures compatibles avec les blessures mortelles correspondaient à la mâchoire de Curtis. Le chien a été présenté comme l’unique auteur direct des morsures ayant causé la mort de la jeune femme.
Un chien jugé dangereux
Curtis, décrit comme un American pitbull terrier, appartenait à Christophe Ellul. L’enquête a retenu que l’animal avait été importé illégalement en France. Son dressage au mordant a aussi occupé une place centrale dans le dossier. Les experts ont estimé que ce dressage avait contribué à rendre l’animal dangereux, en particulier par l’absence d’inhibition de la morsure sur l’humain. Depuis le drame, Curtis était maintenu en chenil. L’animal avait été conservé vivant pendant toute la procédure, notamment parce qu’il constituait une pièce essentielle du dossier judiciaire. La décision du tribunal met fin à ce statut : son euthanasie a été ordonnée.
La version de Christophe Ellul rejetée
Christophe Ellul a longtemps contesté la responsabilité de Curtis. Il a soutenu que le chien portait une muselière et que d’autres chiens avaient pu attaquer Elisa Pilarski. L’instruction a cependant relevé des éléments contraires à cette version, notamment des photos retrouvées dans le téléphone de la victime montrant Curtis non muselé lors de la promenade. Au procès, le prévenu a maintenu des réserves sur les conclusions de l’enquête. Mais les éléments techniques présentés à l’audience, les analyses ADN, les comparaisons de morsures et les expertises vétérinaires ont été retenus par le tribunal. Christophe Ellul a donc été reconnu pénalement responsable de la mort d’Elisa Pilarski par imprudence ou négligence liée à la garde de son chien.