Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme Volker Türk a dénoncé mercredi le durcissement autoritaire du régime nicaraguayen, après l’annonce par le président Daniel Ortega de l’abandon de tout processus électoral.
Quelques jours après qu’Ortega a déclaré qu’il n’y aurait « pas d’élections » dans son pays, Volker Türk a estimé que ces « derniers développements approfondissent encore davantage les restrictions sévères aux libertés fondamentales, le démantèlement de l’espace civique et l’érosion progressive de l’état de droit » au Nicaragua.
Le président nicaraguayen, ancien combattant de gauche qui gouverne depuis près de deux décennies aux côtés de son épouse, la vice-présidente Rosario Murillo, a prononcé cette déclaration dimanche. Elle écarte toute perspective d’alternance pour le couple au pouvoir. Des élections générales étaient pourtant prévues en novembre, mais des réformes constitutionnelles adoptées il y a dix-huit mois ont prolongé le mandat présidentiel de cinq à six ans, repoussant le scrutin à 2027.
Türk a alerté sur la concentration croissante du pouvoir « sous la coprésidence », le parti sandiniste au pouvoir contrôlant déjà l’intégralité du parlement, l’ensemble des municipalités et les conseils régionaux des côtes caribéennes nord et sud. Il a exhorté les autorités à « rouvrir l’espace civique et à restaurer l’état de droit », soulignant que « l’expression indépendante de la pensée ou de l’opinion est systématiquement réprimée ».
Le Haut-Commissaire a également relevé la révocation abrupte, début juillet, des accréditations de plusieurs avocats, sans aucune justification légale, et rappelé qu’au moins 46 personnes restent détenues arbitrairement pour des motifs politiques. Il s’est inquiété du sort de l’évêque Abelardo Mata Guevara, 80 ans, arrêté le 29 juin et dont le lieu de détention demeure inconnu, appelant Managua à libérer tous les prisonniers politiques « avec humanité et dignité ».
Le Nicaragua vit sous une emprise croissante depuis la répression meurtrière des manifestations de 2018, au cours de laquelle plus de 300 personnes ont été tuées selon les chiffres de l’ONU. Depuis, Ortega et Murillo ont méthodiquement renforcé leur contrôle sur la société nicaraguayenne.
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