Tracfin a enregistré 278 484 déclarations de soupçon en 2025, un niveau jamais atteint. Le service français de renseignement financier, chargé de lutter contre le blanchiment d’argent et le financement d’activités criminelles, constate une hausse de 32 % par rapport à 2024, qui constituait déjà une année record.
Les banques, établissements de crédit et prestataires spécialisés dans les crypto-actifs sont à l’origine de 93 % des alertes. Les signalements provenant des professions non financières ont progressé de 38 %, portés notamment par les notaires et les opérateurs de ventes volontaires, en hausse de 64 %. Les agents sportifs, pourtant soumis à cette obligation depuis 2010, n’ont en revanche effectué aucune déclaration.
Près de 3,2 milliards d’euros de fraudes présumées
Le dispositif accéléré appelé « circuit court » a permis la saisie de 40 millions d’euros. Cette procédure vise notamment les sociétés éphémères utilisées comme des « lessiveuses » pour faire circuler ou blanchir l’argent issu du narcotrafic, d’escroqueries ou d’autres activités criminelles. Pour la première fois, Tracfin a également utilisé son droit d’opposition afin de bloquer des fonds détenus sous forme de crypto-actifs.
Le service a par ailleurs transmis à la justice 740 dossiers de fraudes présumées contre les finances publiques, soit une progression annuelle de 17 %. Le préjudice potentiel atteint près de 3,2 milliards d’euros. Selon Tracfin, les fraudes les plus complexes reposent désormais sur des réseaux structurés, capables d’exploiter les aides publiques et de mobiliser des spécialistes du blanchiment pour dissimuler l’origine des fonds.

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