Les épisodes successifs de canicule et la sécheresse devraient coûter 0,1 point de produit intérieur brut à la France en 2026, selon une première estimation de Bercy. Le ralentissement proviendrait principalement de l’agriculture, dont la production pourrait reculer de 8 % par rapport à 2025.
Certaines cultures ont particulièrement souffert du manque d’eau et des températures extrêmes. La production française de maïs pourrait chuter de 35 % en un an. Dans les prairies, la pousse cumulée de l’herbe était inférieure d’un tiers à la normale au 10 août, réduisant les réserves de fourrage disponibles pour les éleveurs.
Une facture pouvant atteindre 15 milliards d’euros
La baisse anticipée de la production agricole reste toutefois moins importante que celle enregistrée lors de la canicule de 2003, lorsque la valeur ajoutée du secteur avait reculé d’environ 15 %. L’estimation pour 2026 a été présentée par la Direction générale du Trésor devant la mission parlementaire consacrée au coût économique des fortes chaleurs.
Les exploitants agricoles doivent parallèlement supporter l’augmentation du prix des engrais azotés, liée à la hausse des cours du gaz et aux perturbations du commerce mondial provoquées par le conflit au Moyen-Orient. L’accumulation de ces difficultés fragilise davantage les trésoreries et pourrait se répercuter sur les prix de certaines denrées.
Les fortes chaleurs ont également affecté d’autres secteurs, notamment la construction, les transports, le tourisme et la production industrielle. Bercy estime cependant qu’aucun décrochage généralisé de l’activité n’est encore visible dans les données disponibles, les conséquences demeurant pour l’instant principalement sectorielles et localisées.
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, avait évalué à la mi-août le coût direct et indirect des canicules de l’été entre 10 et 15 milliards d’euros. Au-delà des pertes immédiates, cette facture souligne la nécessité d’adapter les exploitations agricoles, les infrastructures et l’organisation du travail à des épisodes climatiques plus fréquents.

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