Au moins 1 384 personnes ont péri et plus de 5 500 restent portées disparues après les crues dévastatrices du 26 août dans les régions frontalières entre le Népal et la Chine. L’ONU réclame une aide internationale d’urgence pour quelque 84 000 sinistrés.
Les torrents ont tout emporté en une à deux minutes. C’est ainsi que Lila Pieters Yahia, coordinatrice résidente des Nations unies au Népal, décrit la brutalité des inondations qui ont ravagé les districts montagneux le 26 août dernier. « Vous perdez votre maison, vous perdez vos moyens de subsistance, vous perdez un être cher et vous perdez le soutien de famille », a-t-elle déclaré à Katmandou. « Et tout cela s’est produit en une à deux minutes. »
Le bilan humain reste lourd : 1 384 morts recensés entre le Népal et la région tibétaine de Chine, et plus de 5 500 disparus. Parmi ces derniers figurent environ 800 ressortissants étrangers originaires d’au moins 34 pays, touristes et pèlerins confondus.
Les crues, vraisemblablement déclenchées par un effondrement glaciaire selon les autorités, ont détruit routes, ponts et barrages hydroélectriques. De nombreuses communautés proches de l’épicentre restent isolées : des trajets qui prenaient quelques heures s’étendent désormais sur plusieurs jours. Dans ce contexte, l’ONU et le gouvernement népalais ont lancé un appel aux dons de 50 millions de dollars pour venir en aide aux 84 000 personnes affectées.
Pieters Yahia a également alerté sur les risques sanitaires, citant la mort de 5 000 têtes de bétail et appelant à des investissements urgents en matière d’assainissement, d’hygiène et de protection des femmes et des filles vulnérables. Le spectre du choléra et d’autres maladies transmissibles plane sur les zones sinistrées. « Ma supplique à la communauté internationale est la suivante : c’est le moment d’aider le Népal. Nous ne pouvons pas les laisser seuls », a-t-elle insisté.
Sur le plan politique, le ministre népalais des Affaires étrangères, Shisir Khanal, a rappelé la « responsabilité historique » des grands émetteurs de gaz à effet de serre envers les nations vulnérables. Le gouvernement a officiellement transmis une « lettre de demande de compensation climatique » à ses partenaires internationaux. Les experts soulignent que la fréquence et l’ampleur des crues glaciaires ont augmenté avec la hausse des températures mondiales, tandis qu’une étude des Nations unies établit que les inondations sont devenues près de cinq fois plus fréquentes depuis 1950.

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