Le bloc de gauche suédois a obtenu une courte majorité de trois sièges au Parlement lors des élections législatives du 17 septembre 2026, contraignant le Premier ministre conservateur Ulf Kristersson à annoncer sa démission. L’ancienne cheffe du gouvernement Magdalena Andersson est désormais en position de tenter de former un nouveau cabinet.
Le décompte final des voix, rendu public jeudi par l’Autorité électorale suédoise, a confirmé la victoire du camp de gauche : les quatre partis qui le composent ont remporté 176 sièges sur les 349 que compte le Riksdag, le Parlement suédois. La coalition conservatrice sortante et ses alliés en ont obtenu 173, soit un écart de seulement trois sièges. À peine 50 000 voix ont séparé les deux blocs dans un pays de 10,6 millions d’habitants.
Peu après l’annonce des résultats, Ulf Kristersson a fait savoir qu’il quittait ses fonctions. « C’est désormais au président du Parlement de conduire la prochaine étape vers un nouveau gouvernement. Je demande à être relevé de mes fonctions de Premier ministre afin que ce travail puisse commencer immédiatement », a-t-il écrit dans une lettre publiée sur le réseau social X. La veille, il avait déclaré respecter la démarche de son adversaire pour former un gouvernement, tout en lui souhaitant « bonne chance » au vu des divisions internes à son camp.
Magdalena Andersson, qui avait été la première femme à occuper le poste de Premier ministre en Suède entre 2021 et 2022, avant de perdre les élections face à Kristersson, voit s’ouvrir la voie d’un retour à MatStockholm. Son parti, le Parti social-démocrate, est arrivé en tête des formations individuelles, malgré un léger recul par rapport au scrutin précédent. Mais la constitution d’un gouvernement s’annonce délicate : le bloc de gauche réunit des formations aux sensibilités très différentes, du Parti de gauche, d’obédience socialiste, au Parti du centre, libéral, en passant par les Verts.
La principale pierre d’achoppement tient à la place du Parti de gauche dans un éventuel cabinet. Le Parti du centre a clairement indiqué qu’il refuserait de soutenir un gouvernement au sein duquel cette formation détiendrait des portefeuilles ministériels, tandis que le Parti de gauche exige d’y être représenté. Andersson a exclu d’intégrer le Parti de gauche au gouvernement, mais souhaite pouvoir compter sur ses votes au Parlement. Le premier vote d’investiture d’un nouveau Premier ministre ne pourra intervenir au plus tôt que le 29 septembre.
Le scrutin a également réservé une surprise notable : les Démocrates de Suède, parti anti-immigration entré au Parlement en 2010, ont enregistré pour la première fois un recul de leur score, tombant à 17,5 % des suffrages, soit trois points de moins qu’en 2022. Ce résultat contraste avec la progression de formations similaires observée dans plusieurs autres pays européens ces dernières années.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, qui dirige l’un des rares gouvernements de gauche en Europe, a salué l’issue du vote. « La social-démocratie a remporté les élections en Suède. Après quatre ans de gouvernement de droite avec l’extrême droite, les Suédois soutiennent à nouveau l’État-providence, la justice sociale et l’agenda vert », a-t-il écrit sur X.

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