Le groupe britannique Reach, propriétaire notamment des tabloïds Daily Express et Daily Mirror, va supprimer 220 postes de journalistes dans le cadre d’une nouvelle restructuration. L’annonce a été faite mercredi dans un courriel interne adressé aux salariés. Le groupe, qui possède également plus d’une centaine de titres de presse locale au Royaume-Uni, prévoit parallèlement de créer une soixantaine de postes dans des activités destinées à développer ses revenus numériques.
Cette réorganisation répond notamment à l’évolution des habitudes de consommation de l’information. David Higgerson, directeur des contenus de Reach, évoque une « transformation colossale » de la manière dont les publics consultent les contenus et le journalisme. Le groupe souhaite désormais produire moins d’articles, mais accorder davantage de place aux contenus originaux. Le « temps d’engagement actif » doit devenir son principal indicateur d’audience d’ici la fin de l’année.
Google et l’intelligence artificielle fragilisent le trafic des sites
Reach est confronté depuis plusieurs mois à une baisse du trafic provenant des moteurs de recherche, notamment Google. Le développement des interfaces intégrant de l’intelligence artificielle permet désormais aux internautes d’obtenir directement des résumés à partir des résultats de recherche, sans nécessairement consulter les sites de presse. Cette évolution pèse directement sur les revenus numériques du groupe.
Au premier trimestre 2026, Reach avait fait état d’un recul de 8,1 % de ses revenus numériques sur un an. Le groupe prévoit également la suppression de 65 emplois dans ses équipes commerciales. Trois médias en ligne, KentLive, AberdeenLive et GalwayBeo, doivent par ailleurs cesser leur activité. Selon l’agence britannique PA, Reach cherchera toutefois à redéployer certains salariés afin de limiter le recours aux licenciements contraints. Une consultation d’au moins 45 jours doit être engagée.
Une nouvelle restructuration après celle de 2025
Reach emploie un peu plus de 3 100 personnes et possède plus de 120 publications, parmi lesquelles le Manchester Evening News et le Liverpool Echo. Le groupe avait déjà annoncé l’an dernier la suppression nette de 186 postes de journalistes dans le cadre de ce qu’il présentait alors comme sa plus importante réorganisation.
Plusieurs dispositifs de départs volontaires ont également été proposés dans les rédactions au cours de l’année 2026. La nouvelle vague de suppressions intervient ainsi dans un secteur britannique confronté à la baisse du trafic issu des moteurs de recherche et à la transformation rapide des usages numériques. Pour Reach, la stratégie consiste désormais à réduire le volume de production tout en développant les abonnements, la vidéo longue durée et les contenus susceptibles de générer davantage d’engagement.

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