L’université de Gand a décidé de maintenir Nathan Cofnas dans ses fonctions de chercheur tout en lui imposant d’importantes restrictions pendant trois mois. L’universitaire américain, à l’origine des accusations de plagiat visant Jason Arday avant la mort de l’ancien professeur de Cambridge, ne pourra plus enseigner durant cette période et devra travailler exclusivement à distance. Son activité de recherche est également strictement encadrée, tandis que la procédure disciplinaire engagée contre lui se poursuit.
Trois mois sans enseigner et loin du campus
Nathan Cofnas avait été suspendu à titre conservatoire le 20 août par l’université de Gand, en Belgique, où il occupe un poste de chercheur postdoctoral au département de philosophie et de sciences morales. Cette suspension temporaire faisait suite à l’ouverture d’une enquête disciplinaire préliminaire. L’établissement a finalement décidé de lever cette suspension, mais pas de permettre à l’universitaire américain de reprendre normalement l’ensemble de ses activités. Pendant trois mois, Nathan Cofnas devra obligatoirement télétravailler. Il lui est également interdit d’exercer toute activité d’enseignement durant cette période. Une troisième restriction concerne directement ses travaux universitaires : ses recherches devront rester strictement limitées aux sujets pour lesquels il a été recruté par l’université de Gand.
Nathan Cofnas conserve son poste de chercheur
Malgré ces mesures, Nathan Cofnas n’est donc pas licencié. Il pourra poursuivre son projet de recherche intitulé The Future of Liberalism, auquel il affirme consacrer 60% de son temps de travail, jusqu’au terme de son contrat postdoctoral d’un an. Après plusieurs jours pendant lesquels son avenir professionnel semblait incertain, le chercheur s’est félicité de cette décision. « Je suis reconnaissant envers la rectrice Petra De Sutter de m’avoir permis de rester à l’université de Gand », a-t-il déclaré. Le maintien de Nathan Cofnas dans ses fonctions ne clôt toutefois pas le dossier. L’enquête disciplinaire préliminaire engagée par l’université continue. L’établissement doit déterminer si des éléments justifient la transmission du dossier à l’instance disciplinaire compétente et, éventuellement, de nouvelles mesures.
L’homme qui avait accusé Jason Arday de plagiat
Nathan Cofnas s’est retrouvé au centre d’une controverse internationale après avoir publiquement accusé Jason Arday d’avoir plagié plusieurs passages de ses travaux universitaires, notamment dans sa thèse de doctorat. La polémique avait profondément ébranlé la carrière de Jason Arday. Le 5 août, le professeur avait finalement démissionné de l’université de Cambridge, alors que plusieurs investigations avaient été ouvertes sur son parcours et ses travaux universitaires. Jason Arday contestait avoir volontairement commis des actes de plagiat. Sa démission, avait-il insisté, ne constituait pas une reconnaissance des accusations portées contre lui. Neuf jours après son départ de Cambridge, Jason Arday a été retrouvé mort à Londres, à l’âge de 41 ans. La police britannique avait indiqué que sa mort était considérée comme inattendue mais non suspecte.
Une pétition après la mort de Jason Arday
La disparition du professeur a considérablement amplifié la controverse. Une pétition réclamant une enquête sur le traitement médiatique de Jason Arday a recueilli plus de 31 000 signatures. Le Good Law Project, à l’origine de la mobilisation, a mis en cause le traitement subi par l’universitaire avant sa mort. Aucun lien n’a cependant été établi par les autorités entre la controverse publique entourant Jason Arday et les circonstances de son décès. Après la mort de Jason Arday, l’université de Gand a ouvert une procédure concernant Nathan Cofnas. Celui-ci a affirmé être notamment visé par une enquête portant sur une possible discrimination envers Jason Arday.
Gand enquête sur le comportement de Cofnas
Le dossier dépasse les seules accusations formulées contre le professeur britannique. L’université examine également la compatibilité entre certains travaux et prises de position de Cofnas et le périmètre du poste pour lequel il a été recruté. Nathan Cofnas est depuis plusieurs années une personnalité controversée du monde universitaire. Il se définit notamment comme partisan du « race realism » et a publié des textes consacrés aux différences raciales et à l’hérédité de l’intelligence. Certaines de ses prises de position ont été dénoncées comme racistes, qualification qu’il récuse. En 2024, Emmanuel College, à Cambridge, avait mis fin à son association avec l’établissement après plusieurs textes particulièrement controversés publiés sur son blog.
Les États-Unis étaient montés au créneau
La suspension initiale de Nathan Cofnas avait rapidement donné une dimension diplomatique à l’affaire. Les États-Unis s’en étaient pris à l’université de Gand par l’intermédiaire de leur ambassadeur en Belgique, Bill White. Le diplomate américain avait publiquement pris la défense de Cofnas, présenté comme un lanceur d’alerte ayant dénoncé des fraudes académiques. Il avait également pris contact avec la rectrice de l’université de Gand, Petra De Sutter. Nathan Cofnas a lui-même rencontré Bill White et lui a attribué un rôle dans l’évolution de sa situation. « Je n’aurais jamais imaginé qu’une personne comme lui s’intéresserait au sort d’un postdoctorant », a-t-il expliqué.
L’enquête disciplinaire reste ouverte
La décision de Gand permet donc à Nathan Cofnas de conserver son emploi sans retrouver immédiatement des conditions normales de travail. Pendant trois mois, il restera éloigné du campus, ne pourra assurer aucun enseignement et devra limiter ses recherches au périmètre précis de son contrat. Dans le même temps, la procédure disciplinaire se poursuit. Nathan Cofnas reste ainsi chercheur à l’université de Gand, mais son avenir au sein de l’établissement dépend toujours des conclusions de l’enquête engagée à son encontre.