Le rapprochement était déjà visible à l’antenne, il devient désormais capitalistique. Lagardère News entre à hauteur de 25 % au capital de Frontières, le média fondé par Erik Tegnér. Une opération qui marque une nouvelle étape dans le développement du jeune titre et l’intègre davantage à l’écosystème médiatique qui réunit notamment CNews, Europe 1 et le JDD.
Erik Tegnér conserve toutefois la majorité et le contrôle de la société éditrice de Frontières. Le fondateur du média a présenté cette prise de participation comme un tournant majeur, destiné avant tout à donner de nouveaux moyens financiers et humains à la rédaction. « C’est une formidable reconnaissance du travail accompli depuis maintenant deux ans », a-t-il déclaré dans une vidéo publiée jeudi sur les réseaux sociaux de Frontières. Il assure vouloir utiliser ce nouvel investissement pour renforcer les enquêtes, multiplier les reportages de terrain et développer de nouveaux formats.
Frontières change de dimension
Créé avec l’ambition revendiquée de devenir un « média de combat », Frontières a connu ces derniers mois une croissance rapide, notamment grâce aux réseaux sociaux, à ses enquêtes, à sa version papier et à son exposition télévisuelle. Le média dispose également depuis plusieurs mois de l’émission « 100 % Frontières » sur CNews, diffusée jusqu’ici du lundi au jeudi et qui le sera désormais également le vendredi.
Le rapprochement avec Lagardère News va encore plus loin puisque la rédaction doit prochainement s’installer dans la Tour Lagardère à Paris, où travaillent déjà les équipes de CNews et d’Europe 1. Pour Frontières, l’opération permet ainsi d’accéder à un environnement médiatique beaucoup plus puissant tout en conservant, selon sa direction, son indépendance éditoriale.
« Frontières reste Frontières. Nous conservons la majorité, le contrôle de notre média, notre liberté reste entière », insiste Erik Tegnér. L’investissement de Lagardère apparaît aussi comme une reconnaissance du modèle développé par Frontières : celui d’un média très présent sur les plateformes numériques, assumant une sensibilité politique à droite et misant fortement sur l’investigation et le reportage.
La bataille médiatique de 2027 en ligne de mire
Erik Tegnér ne cache d’ailleurs pas la dimension politique du rapprochement. À moins d’un an de la campagne présidentielle de 2027, le fondateur de Frontières estime qu’une importante « bataille médiatique » se prépare en France. Il revendique l’objectif de construire un média capable de peser davantage dans le débat public et de proposer une offre éditoriale différente de celle des grands médias traditionnels.
« Nous assumons ce que nous sommes : Frontières, c’est le média de la droite qui s’assume », affirme Erik Tegnèr.
Un positionnement qui explique aussi l’intérêt stratégique d’un rapprochement avec Lagardère News. L’opération permet au groupe de renforcer encore son offre éditoriale auprès d’un public situé à droite, tandis que Frontières bénéficie de la puissance et des moyens d’un groupe installé depuis longtemps dans le paysage médiatique français.
Un nouveau média baptisé « L’Indiscret »
Le rapprochement doit également permettre le lancement, à la fin du mois de septembre, d’un nouveau projet baptisé L’Indiscret. Présenté par Erik Tegnér comme un mélange entre Le Canard enchaîné et des publications spécialisées dans les coulisses du pouvoir comme La Lettre ou Politico, ce nouveau média doit être publié chaque mardi soir. Son objectif : enquêter sur les réseaux d’influence, l’économie et les coulisses de la vie politique française.Erik Tegnér décrit d’ailleurs ce projet comme le véritable « moteur » de l’arrivée de Lagardère News au capital de Frontières.
Avec cette opération, Frontières change incontestablement d’échelle. Deux ans après son lancement, le média conserve son fondateur comme actionnaire principal mais bénéficie désormais du soutien d’un poids lourd du paysage médiatique français. Un rapprochement économique qui confirme également une tendance plus large : à l’approche de l’élection présidentielle de 2027, la recomposition du paysage politique français s’accompagne de plus en plus d’une recomposition du paysage médiatique.

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