La scène, filmée par une caméra-piéton, aurait pu virer au chaos. Le 30 juillet 2024, sur un parking d’Amboise (Indre-et-Loire), un policier de la BAC de Blois, en civil et en état d’ébriété, assène un coup de poing à un gendarme du PSIG venu intervenir sur une altercation. Résultat : deux mois de prison avec sursis pour rébellion, trois circonstances aggravantes retenues et une image de l’institution salement écornée. Ce soir-là, Daniel, 39 ans, célèbre un anniversaire dans un bar à bières. Une rixe éclate avec des gens du voyage installés à proximité. Quand les gendarmes arrivent, ils sont encerclés par un groupe excité. Daniel, qui reconnaît avoir trop bu, perd le contrôle. L’un de ses amis tente même d’immobiliser un militaire par le cou, prétextant vouloir « éviter que ça dégénère ».
Un coup de trop… mais une carrière préservée
Malgré la violence avérée, le tribunal a prononcé des peines avec sursis simple : deux mois pour Daniel, quatre mois pour son ami. Une dispense d’inscription au casier judiciaire a été accordée au policier pour ne pas compromettre sa carrière. Une décision qui passe mal, alors que deux gendarmes ont été blessés, dont un jeune brigadier qui a quitté la gendarmerie peu après. « Ils n’avaient jamais été pris à partie par des victimes », s’étonne l’avocate des militaires. De son côté, la défense insiste sur un geste isolé, commis dans un moment de confusion et sous l’effet de l’alcool. Mais pour la procureure, ce dérapage est avant tout « choquant et navrant » — un constat sans appel pour un homme censé faire respecter l’ordre.