SOCIÉTÉ

Piratage du fisc : le parquet de Paris ouvre une enquête sur 678 000 victimes

La section cyber du parquet de Paris a ouvert une enquête après la cyberattaque qui a frappé l’administration fiscale fin juin, permettant à des pirates de dérober les données personnelles de 678 000 usagers, particuliers et entreprises confondus.

Les investigations ont été confiées à l’Office anticybercriminalité (Ofac). Le parquet vise notamment l’« extraction frauduleuse de données contenues dans un système de traitement automatisé de données à caractère personnel mis en œuvre par l’État », ainsi qu’une « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni d’au moins cinq ans d’emprisonnement ».

L’attaque, qualifiée de « plus sophistiquée » que celles observées par le passé, a permis d’extraire des données sensibles de contribuables et d’entreprises. Pour les particuliers, les informations volées comprennent les noms et prénoms, le quotient familial, le revenu fiscal de référence et le taux de prélèvement à la source, a précisé la directrice générale des finances publiques Amélie Verdier. Les entreprises sont exposées à des données jugées « moins sensibles » : numéro de Siren, adresse du siège et du mandataire.

Le fisc a tenu à rassurer : les données dérobées « ne permettent pas l’accès au compte sécurisé sur impots.gouv.fr ». Les usagers concernés seront contactés en début de semaine prochaine, notamment pour les alerter sur les risques d’usurpation d’identité.

Cette attaque s’inscrit dans une série de cyberincidents récents ayant visé des organismes publics français, dont l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) et l’Insee. Elle relance les interrogations sur la sécurité des systèmes d’information de l’État.

La justice parisienne fait face à une multiplication des affaires de ce type. En juin, deux pirates présumés âgés de 22 et 15 ans avaient été mis en examen après le démantèlement du groupe « Dumpsec », soupçonné d’avoir ciblé l’Assemblée nationale, Leroy Merlin, plusieurs fédérations sportives et des sites médicaux, accumulant plusieurs dizaines de millions de données et plus de 1 500 entités visées. « Ce sont de jeunes hackeurs français en quête de notoriété et se croyant hors d’atteinte », avait décrit la commissaire Julie Benoit, cheffe du pôle des enquêtes cyber à l’Ofac, les qualifiant de « totalement décomplexés » et « souvent autodidactes ».

Le profil jeune revient régulièrement dans ces affaires. Fin janvier, deux suspects avaient été mis en examen pour des attaques contre les académies de La Réunion, Reims et Clermont-Ferrand : le plus jeune avait 17 ans, le plus âgé 20 ans. En début d’année 2026, un jeune majeur né en 2007 avait été mis en examen pour son implication présumée dans le piratage de la Fédération française de tir, une attaque qui avait ensuite facilité des vols d’armes à feu dans plusieurs régions du pays. En avril, un suspect de 21 ans, opérant sous l’alias « HexDex », avait été mis en examen et écroué, lié à une centaine de signalements de piratages de sites, dont le Système d’information sur les armes répertoriant les détenteurs légaux d’armes en France.

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