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Denis Podalydès porte plainte après le clonage de sa voix par une chaîne YouTube

Denis Podalydès porte plainte après le clonage de sa voix par une chaîne YouTube
Denis Podalydès porte plainte après le clonage de sa voix par une chaîne YouTube

L’acteur Denis Podalydès a déposé une plainte contre X au pénal après la découverte d’une chaîne YouTube utilisant une voix synthétique très proche de la sienne. Une cinquantaine de vidéos à caractère philosophique avaient été publiées avec cet enregistrement généré artificiellement, sans son accord et sans qu’il ait participé à leur création. La chaîne concernée a depuis été fermée. Soutenu dans sa démarche par l’Adami, organisme chargé de défendre les droits des artistes-interprètes, le comédien a choisi de saisir la justice pour « hypertrucage ».

Une voix artificielle présentée comme celle de l’acteur

Les vidéos reprenaient les caractéristiques vocales de Denis Podalydès au point de pouvoir laisser croire que l’acteur en était réellement le narrateur. Le timbre, les intonations et le rythme de parole avaient été reproduits grâce à un système de génération vocale reposant sur l’intelligence artificielle. Les contenus portaient principalement sur des sujets philosophiques. Rien n’indiquait pourtant que Denis Podalydès avait enregistré ces textes, autorisé l’utilisation de sa voix ou validé les opinions diffusées sous cette identité vocale artificielle. La reproduction d’une voix peut créer une confusion directe auprès du public. Un internaute écoutant ces vidéos pouvait raisonnablement penser que le comédien avait accepté de lire les textes, qu’il en était l’auteur ou qu’il partageait les idées exprimées.

Une cinquantaine de vidéos publiées sans autorisation

La chaîne avait diffusé environ 50 vidéos avant sa fermeture. La quantité de contenus publiés montre que l’utilisation de la voix ne se limitait pas à un extrait isolé ou à une imitation ponctuelle. Elle reposait sur une exploitation répétée de l’identité vocale de l’acteur. Pour produire ce type de contenu, des outils peuvent analyser plusieurs enregistrements existants afin de reproduire la voix d’une personne. Une fois le modèle créé, il devient possible de lui faire prononcer des textes totalement nouveaux, sans nouvel enregistrement de la personne imitée. Denis Podalydès n’a donc pas seulement été confronté à une imitation classique. Sa voix aurait été reconstruite numériquement puis utilisée comme un outil de narration pour alimenter une chaîne entière.

Une plainte contre X pour « hypertrucage »

L’acteur a porté plainte contre X, une procédure qui permet à la justice d’enquêter sans que l’auteur des faits soit encore officiellement identifié. Les investigations devront notamment déterminer qui administrait la chaîne, qui a produit les fichiers audio et dans quelles conditions les vidéos ont été mises en ligne. La plainte vise l’« hypertrucage », terme français utilisé pour désigner les deepfakes. Ces contenus peuvent prendre la forme d’images, de vidéos ou d’enregistrements audio fabriqués ou modifiés grâce à l’intelligence artificielle afin de faire croire qu’une personne a prononcé des mots ou accompli des actes qui ne sont pas les siens. Dans cette affaire, la question ne porte pas uniquement sur la ressemblance de la voix. La justice devra également examiner l’utilisation de l’identité de Denis Podalydès, l’absence de consentement, la possible tromperie du public et les éventuels bénéfices retirés de la diffusion des vidéos.

L’Adami soutient la démarche de Denis Podalydès

Denis Podalydès est accompagné par l’Adami dans cette procédure. L’organisme représente les artistes-interprètes et défend notamment leurs droits face à l’utilisation non autorisée de leurs prestations, de leur image ou de leur voix. L’affaire pose directement la question du contrôle qu’un artiste conserve sur son identité vocale. Une voix ne constitue pas un simple son interchangeable. Elle permet d’identifier une personne, de lui attribuer des propos et d’exploiter sa notoriété. Pour l’acteur, cette plainte doit permettre d’obtenir des réponses sur l’origine des vidéos, mais aussi de faire reconnaître le préjudice causé par cette appropriation numérique.

Un dossier qui pourrait servir à d’autres artistes

La démarche de Denis Podalydès est présentée comme un espoir pour les artistes confrontés au clonage de leur voix. Chanteurs, comédiens, animateurs, journalistes et doubleurs peuvent désormais voir leur identité vocale reproduite à partir de contenus déjà disponibles en ligne. Ces outils permettent de générer rapidement des publicités, des chansons, des narrations ou des déclarations fictives. La personne imitée peut alors être associée à un produit, à une opinion politique, à une œuvre ou à un message qu’elle n’a jamais approuvé. L’enquête devra établir les responsabilités précises dans la création et la diffusion des vidéos consacrées à Denis Podalydès. La fermeture de la chaîne a mis fin à leur publication, mais la procédure pénale doit désormais déterminer qui se trouvait derrière cette exploitation et quelles suites judiciaires pourront être engagées.

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