Jordan Bardella veut éteindre l’incendie. Interrogé ce vendredi sur les rumeurs de tensions avec Marine Le Pen, le président du Rassemblement national a dénoncé de « fausses informations » et un « mensonge ». À sept mois de la présidentielle, plusieurs divergences programmatiques et stratégiques entre les deux figures du RN ont pourtant alimenté les interrogations ces dernières semaines.
« Notre unité est l’enjeu et le motif par lequel nous allons réussir l’élection présidentielle et les élections législatives », a assuré Jordan Bardella lors d’un déplacement en Loire-Atlantique. « Ça va très bien. Si certains attendent des preuves de déloyauté de ma part dans cette période extrêmement difficile pour le pays, c’est très mal me connaître », a-t-il ajouté. Pour appuyer son message, le président du RN a annoncé qu’il serait dimanche à Hénin-Beaumont pour assister au discours de rentrée de Marine Le Pen.
Voile, retraites, Farage : plusieurs dissonances
Les rumeurs ne sortent toutefois pas de nulle part. La rentrée du RN a été marquée par plusieurs différences de ton entre les deux dirigeants. Sur l’interdiction du voile islamique dans l’espace public, mesure défendue par Marine Le Pen, Jordan Bardella s’est montré plus réservé et a insisté sur le recours préalable au référendum. Sur les retraites, il a également affiché une sensibilité plus libérale, notamment en défendant une réflexion sur la capitalisation, quand Marine Le Pen continue de défendre un retour à 62 ans, voire 60 ans dans certaines situations.
Plus récemment, l’accord signé entre Jordan Bardella et Nigel Farage sur l’immigration clandestine a provoqué un nouvel épisode embarrassant. Le texte prévoit notamment un mécanisme permettant au Royaume-Uni de renvoyer vers la France certains migrants arrivés par « small boats ». Une disposition qui semblait entrer en contradiction avec la ligne historiquement défendue par Marine Le Pen, hostile à ce que la France récupère les migrants ayant traversé la Manche.
Bardella assure qu’il ne sera pas « déloyal »
Un autre épisode avait nourri les spéculations : le départ de François Durvye, ancien conseiller économique de Jordan Bardella. Selon plusieurs récits de presse, celui-ci aurait poussé le président du RN à envisager sa propre candidature en cas d’empêchement de Marine Le Pen, provoquant la colère de cette dernière. Bardella avait pour sa part présenté son départ comme une décision personnelle.
Face à l’accumulation de ces épisodes, Jordan Bardella avait déjà réaffirmé ces derniers jours son « affinité politique et personnelle indéfectible » avec Marine Le Pen. Il répète désormais publiquement qu’aucune rupture n’existe entre eux. Sa présence dimanche à Hénin-Beaumont sera donc particulièrement scrutée : à sept mois du premier tour, le RN veut afficher l’image d’un tandem parfaitement uni malgré des sensibilités de plus en plus distinctes.

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