La paralysie budgétaire qui frappe les États-Unis depuis plus de deux semaines commence à affecter des secteurs hautement sensibles. Le gouvernement américain a annoncé vendredi que près de 1 400 employés de l’Agence nationale de sécurité nucléaire (NNSA) seraient mis en congé sans solde dès lundi, faute d’accord budgétaire au Congrès.
Selon le département de l’Énergie, seuls 400 employés essentiels resteront en poste pour assurer la maintenance et la sécurité des installations critiques. Les équipes chargées des services d’urgence, de la protection des matières fissiles et de la surveillance des sites de recherche seront maintenues, tandis que la majorité du personnel administratif et des ingénieurs sera contrainte à l’arrêt temporaire.
Cette mesure, inédite depuis près d’une décennie, menace de ralentir plusieurs programmes stratégiques, notamment la modernisation de l’arsenal nucléaire américain. « Nous faisons tout pour minimiser l’impact, mais il est évident que certains projets seront retardés », a reconnu le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, en marge d’une conférence de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à Vienne.
Le « shutdown », entré dans son 17e jour, est le résultat d’un blocage persistant entre la Maison Blanche et le Congrès sur le budget fédéral. Les républicains et les démocrates s’opposent notamment sur les dépenses liées à la défense et à la sécurité intérieure.
Les syndicats du secteur nucléaire ont immédiatement réagi, dénonçant une décision « irresponsable » aux conséquences potentiellement graves. « Laisser inactifs des ingénieurs et techniciens hautement qualifiés, au cœur du dispositif de sécurité nationale, est une erreur majeure », a réagi le syndicat des employés fédéraux.
Cette crise s’ajoute à une série de perturbations dans plusieurs agences gouvernementales, dont la NASA, l’EPA (Agence de protection de l’environnement) et les services de contrôle aérien, déjà contraints de réduire leurs effectifs ou de suspendre certaines missions.
Alors que les négociations politiques s’enlisent à Washington, les observateurs craignent que le bras de fer budgétaire ne dure encore plusieurs semaines — au risque d’affecter durablement la sécurité et la crédibilité technologique du pays.
