Une salariée de RTE menacée de licenciement pour le port du voile foulard, la CGT dénonce une discrimination
Une salariée de RTE menacée de licenciement pour le port du voile foulard, la CGT dénonce une discrimination

Une nouvelle polémique autour de la place des signes religieux dans le monde du travail secoue le gestionnaire du réseau de transport d’électricité français. La CGT Énergie a dénoncé vendredi la situation d’une salariée de RTE convoquée à un entretien disciplinaire pouvant déboucher sur un licenciement en raison du port du voile sur son lieu de travail. Le syndicat accuse la direction de discrimination et appelle à un rassemblement devant le siège du groupe la semaine prochaine.

Selon la CGT, la salariée concernée travaille au sein d’un service d’études en ingénierie. Elle aurait déjà fait l’objet d’un blâme avant d’être convoquée à une nouvelle procédure disciplinaire liée à sa tenue vestimentaire. Pour l’organisation syndicale, cette situation constitue une atteinte aux libertés individuelles et relève d’une discrimination fondée sur une appartenance religieuse réelle ou supposée.

La CGT dénonce une « stigmatisation des minorités »

Dans un communiqué, la CGT Énergie critique ce qu’elle qualifie de « posture idéologique » de la direction. Le syndicat estime que cette affaire s’inscrit dans une politique plus large de « stigmatisation des minorités » et dénonce une gestion des ressources humaines jugée de plus en plus autoritaire.

L’organisation syndicale considère qu’aucun élément objectif ne justifie une sanction disciplinaire à l’encontre de cette salariée. Elle affirme que les missions exercées par l’intéressée ne nécessitent pas de contact particulier avec le public et qu’aucune difficulté professionnelle n’aurait été signalée concernant son activité. Pour marquer son opposition à cette procédure, la CGT a appelé à un rassemblement devant le siège de RTE mercredi prochain à 14 heures.

RTE invoque son obligation de neutralité

De son côté, la direction de RTE refuse de commenter le cas individuel de la salariée mais rejette fermement toute accusation de discrimination. L’entreprise rappelle qu’elle est chargée d’une mission de service public et qu’elle applique à ce titre un principe de neutralité politique, philosophique et religieuse.

RTE souligne que cette obligation de neutralité figure désormais dans son règlement intérieur depuis le 1er janvier 2026. Selon l’entreprise, cette évolution a été mise en place dans le respect du cadre juridique issu notamment de la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République. La direction précise que cette règle a été présentée aux représentants du personnel et validée par l’administration du travail avant son entrée en vigueur.

Un débat récurrent sur les signes religieux au travail

L’affaire intervient dans un contexte où les questions liées à l’expression religieuse dans les entreprises continuent de susciter de vifs débats. La jurisprudence française et européenne reconnaît dans certaines circonstances la possibilité pour un employeur d’imposer des règles de neutralité, à condition qu’elles soient justifiées, proportionnées et appliquées de manière générale à l’ensemble des salariés concernés.

L’entreprise insiste ainsi sur le fait que son règlement ne vise aucune religion en particulier et qu’il s’applique à tous les collaborateurs de l’entreprise. Le groupe estime que cette politique vise à garantir l’égalité de traitement entre les salariés et à préserver un cadre de travail neutre compatible avec ses missions de service public.

Une procédure qui pourrait faire jurisprudence

L’issue de cette affaire sera particulièrement observée par les organisations syndicales, les spécialistes du droit du travail et les défenseurs des libertés individuelles. Si la procédure disciplinaire devait déboucher sur un licenciement, elle pourrait alimenter un nouveau débat juridique sur l’application des principes de neutralité dans les entreprises assurant une mission de service public.

Dans l’immédiat, la direction de RTE maintient sa position tandis que la CGT entend poursuivre sa mobilisation. Le dossier pourrait désormais dépasser le seul cadre de l’entreprise et raviver un débat national sur l’équilibre entre liberté religieuse et obligations de neutralité dans le monde professionnel.

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