La guerre en Ukraine s’invite de nouveau dans la campagne présidentielle. Après que le numéro deux du RN Louis Aliot a affirmé sur BFMTV qu’un gouvernement RN pourrait « couper le robinet » des aides françaises à Kiev, Édouard Philippe a accusé Marine Le Pen de « servir la Russie ». La candidate du RN lui a répondu en attaquant son propre bilan diplomatique, avant une nouvelle réplique du candidat Horizons.
Invité jeudi soir de Sonia Mabrouk sur BFMTV, Louis Aliot a estimé que la France n’avait plus les moyens de continuer à financer l’effort de guerre ukrainien au même niveau. « On coupe le robinet », a-t-il déclaré, citant les difficultés du système de santé, de l’éducation et de l’économie française. Le vice-président du RN a néanmoins rappelé avoir condamné l’agression russe contre l’Ukraine et assuré que son parti ne soutenait pas Moscou.
Édouard Philippe a immédiatement réagi sur X. « Couper le robinet à l’Ukraine, c’est servir la Russie », a-t-il écrit, accusant le Rassemblement national de ne pas avoir changé sur « son soutien au régime de Poutine ». Pour le candidat Horizons, affaiblir Kiev reviendrait à « menacer la sécurité de l’Europe et de la France ».
Marine Le Pen attaque le bilan d’Édouard Philippe
Marine Le Pen a ensuite contre-attaqué en rappelant qu’Édouard Philippe était Premier ministre lorsque Vladimir Poutine avait été reçu par Emmanuel Macron à Versailles puis au fort de Brégançon. Elle lui reproche également d’avoir accueilli Dmitri Medvedev au Havre en 2019 et qualifie son bilan international de « piteux ». La candidate RN assure de son côté réclamer depuis le début de la guerre une grande conférence internationale destinée à rechercher une issue diplomatique.
Édouard Philippe lui a répondu une nouvelle fois en dénonçant « la voix de la faiblesse et de l’alignement coupable sur le Kremlin ». Il reproche à Marine Le Pen de mettre sur le même plan « un dictateur agresseur et une démocratie agressée », ainsi que de s’être opposée par le passé à certaines livraisons d’armes et sanctions visant Moscou.
Cette ligne a aussi reçu le soutien de Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe, qui a relayé la réponse d’Édouard Philippe. Benjamin Haddad a officiellement annoncé le 26 août son soutien au candidat Horizons pour 2027, le jugeant « le mieux placé » pour rassembler le centre et la droite et porter une ligne forte sur les questions européennes et internationales.
À quelques mois de la présidentielle, cet échange dessine donc une ligne de fracture nette entre le RN et la macronie : d’un côté, le camp national veut réduire l’engagement financier et militaire français et privilégier une sortie diplomatique ; de l’autre, les centristes considèrent que maintenir le soutien à l’Ukraine relève directement de la sécurité française et européenne.

Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.