La députée LFI Gabrielle Cathala a vivement interpellé Gérald Darmanin mercredi à l’Assemblée nationale sur les moyens consacrés à la lutte contre les violences sexuelles et sexistes. Lors de l’audition du ministre de la Justice et d’Aurore Bergé par la commission spéciale chargée d’examiner la proposition de « loi intégrale », l’élue a contesté les annonces budgétaires faites la veille par Sébastien Lecornu et demandé : « Où sont les maigres 3 milliards pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants ? »
Les 1,5 milliard de Lecornu au cœur de la polémique
Le Premier ministre avait annoncé un « socle de départ » de près de 1,5 milliard d’euros en 2027 pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, auquel s’ajoutent 2,6 milliards pour la protection de l’enfance. Mais Matignon a ensuite précisé que les 1,5 milliard ne représentaient pas un effort budgétaire entièrement nouveau : cette somme agrège principalement des moyens déjà consacrés à ces politiques dans les budgets de la justice, de la police, de la santé ou d’autres administrations.
C’est précisément sur ce point que Gabrielle Cathala a concentré son attaque. La députée insoumise a contesté plusieurs mesures mises en avant par Sébastien Lecornu, notamment les recrutements de magistrats et d’enquêteurs, estimant qu’ils avaient déjà été programmés indépendamment de la future loi. « Où sont les moyens supplémentaires pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants ? », a-t-elle demandé. Les associations qui portent la « loi intégrale » réclament de leur côté environ 3 milliards d’euros annuels pour financer l’ensemble du dispositif.
Gabrielle Cathala a ensuite énuméré plusieurs besoins qu’elle juge insuffisamment financés : hébergements d’urgence, unités médico-judiciaires, intervenants sociaux dans les commissariats et gendarmeries, maisons des femmes et des enfants ou encore accompagnement associatif des victimes. Elle a conclu son intervention par une attaque directement adressée au garde des Sceaux : « Qui est surpris lorsque le ministre de la Justice s’appelle Gérald Darmanin ? »
Le débat sur les moyens devrait désormais accompagner tout l’examen du texte. Sébastien Lecornu promet une trajectoire pluriannuelle et affirme que les crédits seront identifiés et évalués chaque année, tandis que les promoteurs de la proposition de loi réclament des financements supplémentaires clairement distingués des dépenses déjà engagées. Le texte doit arriver dans l’hémicycle au début du mois d’octobre.

Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.