« Je refuse de céder ce combat au Rassemblement national. » Invité de CNEWS ce jeudi matin, le député Ensemble pour la République Charles Rodwell a défendu son rapport consacré au coût et à l’efficacité de la lutte contre l’immigration irrégulière. Le parlementaire estime qu’il y aurait « au bas mot » entre 600 000 et 900 000 étrangers en situation irrégulière en France, tout en soulignant que l’absence de chiffre précis constitue elle-même un problème.
320 000 mesures d’éloignement encore exécutoires
Selon les calculs présentés dans son rapport, environ 320 000 personnes feraient actuellement l’objet d’une mesure d’éloignement toujours valide et exécutoire. Or, en 2025, 23 549 éloignements ont été réalisés depuis la métropole. Pour les ressortissants de pays extérieurs à l’Union européenne, le rapport fait état de plus de 137 000 mesures prononcées pour seulement un peu plus de 6 000 éloignements forcés.
Charles Rodwell estime pourtant qu’une politique visant à exécuter massivement les décisions déjà prononcées serait extrêmement coûteuse à moyens et flux constants. Pour réaliser environ 100 000 éloignements supplémentaires chaque année, son rapport calcule qu’il faudrait créer quelque 10 400 places de rétention supplémentaires, soit l’équivalent de 73 nouveaux centres de rétention administrative, et recruter environ 14 000 policiers aux frontières. Le coût supplémentaire de la rétention atteindrait au moins 2 milliards d’euros par an.
« Les Français méritent de connaître la vérité »
La lutte contre l’immigration irrégulière mobilise déjà, selon les calculs du rapporteur, près de 2,1 milliards d’euros par an. À cette somme s’ajouteraient plusieurs milliards consacrés à la prise en charge sanitaire et à l’hébergement de personnes en situation irrégulière, même si le député reconnaît que certains de ces montants reposent sur des estimations ou des extrapolations et appelle à approfondir leur chiffrage.
Face à cette situation, Charles Rodwell ne propose donc pas simplement de multiplier les expulsions. Il considère que la priorité doit être de réduire fortement les entrées irrégulières, tout en concentrant davantage les capacités de rétention sur les étrangers présentant une menace pour l’ordre public. Parmi ses pistes figurent également le rétablissement du délit de séjour irrégulier et une réforme des règles de circulation dans l’espace Schengen.
À quelques mois de la présidentielle, le député macroniste assume enfin la dimension politique de son travail. « Les Français méritent de connaître la vérité », a-t-il déclaré sur CNEWS, avant d’ajouter : « Je refuse la fatalité d’un affrontement entre l’extrême gauche et l’extrême droite. » Son objectif affiché : convaincre la droite et le centre de se saisir eux aussi de l’immigration clandestine et de proposer leurs propres réponses avant 2027.

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