Donald Trump frappe fort dès son retour à la Maison-Blanche. Lundi, le président américain a signé un décret imposant des droits de douane de 25 % sur toutes les importations d’acier et d’aluminium, sans exception pour le moment. Ces mesures, qui entreront en vigueur le 12 mars, marquent un durcissement de la politique protectionniste américaine et risquent d’avoir des répercussions économiques majeures à l’échelle mondiale. L’administration Trump justifie ces nouvelles taxes par la nécessité de protéger l’industrie nationale et de corriger les déficits commerciaux des États-Unis.
Mais cette décision ne s’arrêtera pas là. Dans les prochaines semaines, Trump a promis une série de nouvelles hausses tarifaires, ciblant notamment les secteurs automobile, pharmaceutique et des semi-conducteurs. Il a également réaffirmé son intention d’appliquer un principe de “droits de douane réciproques”, signifiant que tout pays imposant des taxes aux États-Unis s’exposera à des sanctions commerciales équivalentes. L’Union européenne est particulièrement visée, notamment en raison de sa TVA sur les marchandises américaines et des enquêtes sur les géants de la tech.
La réaction de l’Europe ne s’est pas fait attendre. Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, a annoncé que l’UE répliquera avec des contre-mesures, à l’image de celles mises en place en 2018 contre les taxes sur les Harley-Davidson ou le bourbon américain. Bruxelles craint des répercussions économiques importantes, car 25 % des exportations européennes d’acier sont destinées aux États-Unis. Une montée des tensions commerciales pourrait également affecter des secteurs clés, déjà fragilisés par la baisse de la demande et la concurrence mondiale.
Si les tarifs douaniers de 2018 avaient stimulé la production américaine d’acier et d’aluminium, ils avaient aussi détruit bien plus d’emplois qu’ils n’en avaient créés, selon plusieurs études économiques. De nombreux experts estiment que ce protectionnisme agressif pourrait nuire aux industries consommatrices de métal aux États-Unis, qui devront faire face à une hausse des coûts. Reste à voir si cette stratégie, qui s’inscrit dans la ligne du “Make America Great Again”, portera ses fruits ou si elle déclenchera une nouvelle guerre commerciale à grande échelle.