Les oppositions rejettent largement la stratégie d’aides ciblées choisie par le gouvernement, mais elles ne proposent pas la même alternative. À droite comme à gauche, la flambée des carburants est devenue l’un des principaux sujets de la campagne présidentielle, avec trois approches différentes : réduire les taxes, bloquer les prix ou supprimer certaines charges liées à la transition énergétique.
Le Rassemblement national privilégie une baisse de la TVA. Marine Le Pen affirme que « la seule possibilité, c’est de baisser les taxes », tandis que Louis Aliot propose de ramener la TVA sur les carburants de 20 % à 5,5 %. Le premier vice-président du RN chiffre cette mesure à environ 12 milliards d’euros et considère que les aides ciblées ne peuvent répondre à une crise qui touche, selon lui, une trop grande partie des automobilistes. Le taux envisagé se heurterait toutefois aux règles européennes actuelles concernant la TVA sur l’énergie.
LFI veut bloquer le litre autour de 1,70 euro
La France insoumise défend une méthode différente. Invitée de Sud Radio ce mardi, Manon Aubry a qualifié les aides gouvernementales de « saupoudrage » et proposé de bloquer le litre autour de 1,70 euro. LFI souhaite faire supporter une partie de l’effort aux groupes pétroliers et raffineurs en encadrant leurs marges, tandis qu’une autre partie proviendrait de la baisse mécanique des taxes liée au plafonnement.
Chez Les Républicains, Bruno Retailleau refuse également de faire des aides ponctuelles la principale réponse. Il propose de supprimer les certificats d’économies d’énergie appliqués aux carburants, un mécanisme qui oblige les vendeurs d’énergie à financer des actions de réduction de la consommation. Le candidat LR affirme que cette suppression pourrait réduire le prix à la pompe de 15 à 17 centimes par litre.
Ces propositions présentent chacune des contraintes différentes : coût pour les finances publiques dans le cas d’une baisse de TVA, intervention directe sur les prix pour LFI, et perte d’une source importante de financement de la transition énergétique dans le projet de Bruno Retailleau. La crise des carburants devient ainsi un véritable marqueur des différences économiques entre les principaux camps.

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