La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné ce mardi la Russie pour les mesures légales prises dès le début de l’invasion de l’Ukraine, visant à « étouffer » les critiques contre la guerre. Saisie par 178 personnes et des médias indépendants tels que Novaya Gazeta et Dojd TV, la Cour a relevé de « multiples violations » de la Convention européenne des droits de l’homme, dénonçant un « effort coordonné » pour museler les opposants au discours officiel de Moscou.
Les tribunaux russes ont systématiquement considéré comme des infractions pénales les reportages et déclarations qui contredisaient la version officielle de la guerre, qualifiée de simple « opération militaire spéciale » par le Kremlin. La CEDH a unanimement conclu à une violation de la liberté d’expression (article 10 de la Convention), estimant que les restrictions imposées ne tenaient pas compte de l’importance cruciale pour le public de suivre un conflit d’une telle ampleur.
La Cour a également dénoncé le retrait de l’autorisation de publication de Novaya Gazeta, le blocage de ses sites internet et l’« enfermement » de suspects dans des cages de métal lors des audiences. Bien que la Russie ait quitté le Conseil de l’Europe en septembre 2022, elle reste responsable des violations commises avant cette date.