Sandrine Rousseau veut faire entrer l’État au capital de TotalEnergies avant d’aller jusqu’à une nationalisation du groupe. Invitée vendredi soir de BFMTV, la députée écologiste a présenté cette prise de contrôle publique comme un moyen de peser directement sur la stratégie énergétique d’une entreprise qu’elle juge « extrêmement dangereuse pour notre avenir ».
« Je pense que nous devrions rentrer au capital de TotalEnergies et nationaliser Total », a-t-elle déclaré. Pour Sandrine Rousseau, la question dépasse les seuls prix à la pompe : elle met en cause le poids du groupe dans les émissions de gaz à effet de serre, ses choix d’investissements dans les hydrocarbures et sa présence dans plusieurs pays au cœur des tensions géopolitiques. « On a besoin d’avoir un contrôle sur cette entreprise », défend-elle.
Une mesure sans majorité à l’Assemblée
La députée reconnaît cependant ne pas disposer aujourd’hui d’une majorité parlementaire permettant de mener cette opération. Sa déclaration ne correspond donc pas à l’annonce d’une nationalisation prochaine ni à une proposition de loi déjà adoptée, mais à une orientation politique qu’elle défend dans le contexte de la nouvelle crise énergétique.
Une nationalisation supposerait par ailleurs d’indemniser les actionnaires et représenterait une opération financière considérable. Une commission d’enquête du Sénat avait estimé en 2024 qu’une prise de participation publique de seulement 5 % dans TotalEnergies représenterait déjà environ 7 milliards d’euros. Elle avait alors privilégié l’idée beaucoup plus limitée d’une « action spécifique » détenue par l’État.
Enfin, reprendre le contrôle de TotalEnergies ne provoquerait pas automatiquement une baisse du prix des carburants. Les tarifs à la pompe dépendent notamment du cours international du pétrole, du raffinage, de la distribution et de la fiscalité. Pour Sandrine Rousseau, l’objectif revendiqué est surtout de reprendre la maîtrise de choix considérés comme stratégiques pour le climat et la souveraineté énergétique.

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