Après les révélations de « Complément d’enquête », Rima Hassan a porté plainte contre Laurent Nuñez devant la Cour de justice de la République pour « violation du secret de l’enquête ». Son avocat, Me Vincent Brengarth, entend désormais faire toute la lumière sur la circulation d’informations qui présentaient, en avril dernier, l’eurodéputée comme détentrice de drogue de synthèse. Une version que les analyses toxicologiques n’ont finalement pas confirmée.
L’affaire change de dimension judiciaire. Ce vendredi 18 septembre, Rima Hassan a déposé plainte devant la Cour de justice de la République contre le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez pour « violation du secret de l’enquête ». Son avocat, Me Vincent Brengarth, vise également le « recel d’information couverte par le secret de l’enquête » et affirme avoir parallèlement demandé au parquet de Paris l’ouverture d’une information judiciaire.
Cette offensive judiciaire intervient après la diffusion, jeudi soir, d’un numéro de « Complément d’enquête » consacré à Rima Hassan. L’émission revient notamment sur la journée du 2 avril, lorsque l’eurodéputée LFI avait été placée en garde à vue. Plusieurs médias avaient alors fait état de la découverte dans ses affaires d’une substance présentée comme une drogue de synthèse.
Une information qui n’a pas résisté aux analyses
C’est aujourd’hui l’un des éléments centraux de l’argumentation de Rima Hassan et de son avocat. Quelques jours après cette garde à vue, le parquet de Paris avait classé sans suite la procédure relative aux substances retrouvées, au motif que les investigations n’avaient fait apparaître « aucune infraction suffisamment caractérisée ». Les analyses toxicologiques avaient notamment écarté la présence de drogue de synthèse dans le produit initialement présenté comme pouvant s’apparenter à une telle substance.
Dès le mois d’avril, Me Vincent Brengarth avait dénoncé la diffusion d’informations qu’il estimait gravement préjudiciables à la réputation de sa cliente. La nouvelle séquence révélée par France 2 lui permet désormais de déplacer la question : il ne s’agit plus seulement de savoir comment une information finalement non confirmée a circulé, mais de déterminer qui a pu contribuer à lui donner du crédit lorsqu’elle était reprise par les médias.
Le rôle de Laurent Nuñez au cœur des interrogations
Selon les témoignages rapportés dans « Complément d’enquête », Laurent Nuñez aurait participé, le jour de la garde à vue, à une conversation « off » avec plusieurs journalistes. L’un d’eux rapporte que le ministre aurait évoqué « un truc de synthèse » ainsi qu’un « dérivé de la cocaïne », tout en précisant qu’il ne maîtrisait pas précisément le sujet. Les journalistes disposaient déjà d’informations sur l’affaire au moment de cette conversation.
Pour Me Brengarth, ces révélations justifient désormais une investigation judiciaire. L’avocat accuse le ministre d’avoir « participé à donner force et crédit à des informations non conformes à la réalité, qui ont discrédité Rima Hassan et porté atteinte à sa réputation ». Il qualifie l’affaire de « scandale d’État », une appréciation qui relève de la défense de l’eurodéputée et qu’il appartient désormais aux autorités judiciaires saisies d’examiner.
« Je n’ai organisé aucune fuite », répond Laurent Nuñez
Laurent Nuñez conteste pour sa part avoir été à l’origine des révélations. Le ministre affirme que les journalistes qui l’interrogeaient disposaient déjà des informations et que celles-ci circulaient dans la presse depuis plusieurs heures. Il soutient également avoir appelé ses interlocuteurs à la prudence et assure n’avoir « organisé aucune fuite ».

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