Mickaëlle Paty, sœur de Samuel Paty, a réagi ce vendredi sur RTL à la condamnation du père d’élève qui avait menacé de « couper la tête » d’une professeure des écoles au Fauga, près de Toulouse. L’homme de 47 ans a été condamné jeudi à six mois de prison ferme avec incarcération immédiate, une peine plus sévère dans ses modalités que les réquisitions du parquet, qui avait demandé six mois sous bracelet électronique. Pour Mickaëlle Paty, le verdict constitue « une décision à la hauteur des faits ».
L’affaire avait éclaté après les menaces de décapitation proférées contre l’enseignante du groupe scolaire Clément-Ader, vendredi 4 septembre. Très choquée, la professeure a été placée en arrêt de travail pendant un mois et a obtenu la protection fonctionnelle.
« Une décision à la hauteur des faits »
Mickaëlle Paty a approuvé la fermeté du tribunal correctionnel de Toulouse. La sœur du professeur d’histoire-géographie assassiné en octobre 2020 a notamment insisté sur le choix des magistrats de ne pas suivre la demande d’aménagement formulée par le ministère public. « Je salue une condamnation à la hauteur des faits, d’autant que les juges ont dépassé le réquisitoire qui avait seulement demandé six mois sous bracelet », a-t-elle déclaré ce vendredi.
Le père de famille a finalement été condamné à six mois de prison ferme et incarcéré immédiatement. Un mandat de dépôt a été prononcé à l’audience jeudi 10 septembre. L’homme a donc quitté le tribunal pour être directement conduit en détention.
« Je vais vous couper la tête ! »
Les faits remontent au vendredi 4 septembre, quelques jours seulement après la rentrée scolaire. Le fils du prévenu, scolarisé en CM2, avait fait l’objet d’une sanction en raison de son comportement. Il avait été déplacé dans une autre classe afin de se calmer.
À la sortie de l’école, son père s’en est pris à l’enseignante sur le parking du groupe scolaire Clément-Ader. Au cours de l’altercation, il lui a notamment lancé : « Je vais vous couper la tête ! ». Les menaces se sont ensuite poursuivies dans l’établissement, notamment devant la directrice.
À l’audience, le prévenu a reconnu les faits et présenté ses excuses. Il a affirmé ne pas avoir mesuré la gravité de ses paroles et ne pas comprendre lui-même son comportement ce jour-là. Le président du tribunal a qualifié les propos d’« extrêmement inquiétants » et d’une « grande violence », évoquant leur résonance particulière depuis l’assassinat de Samuel Paty.
Mickaëlle Paty : « La décapitation d’un enseignant est possible »
Pour Mickaëlle Paty, cette condamnation constitue également un signal attendu depuis longtemps par les personnels de l’Éducation nationale. « C’est un soulagement mais je dirais que ce travail a été très long pour réussir à obtenir une forme de protection que les enseignants demandent depuis longtemps. Suite à l’attentat de mon frère, on sait que la décapitation d’un enseignant est possible. Je n’ai pas vu une réelle prise de conscience », a-t-elle déclaré.
Samuel Paty avait été assassiné et décapité le 16 octobre 2020 à Conflans-Sainte-Honorine par Abdoullakh Anzorov, après une campagne de haine déclenchée contre le professeur à la suite de son cours consacré à la liberté d’expression. Plusieurs personnes impliquées dans cette campagne ou dans la préparation du crime ont depuis été condamnées, notamment lors du procès en appel de l’assassinat de Samuel Paty.
Trois ans d’interdiction autour de l’école
Outre les six mois de prison ferme, le père de famille s’est vu imposer plusieurs mesures complémentaires. Il lui est notamment interdit pendant trois ans d’entrer en contact avec l’enseignante et de paraître dans les locaux de l’école ainsi que dans la rue qui borde l’établissement. Un stage de citoyenneté doit également être effectué dans les délais prévus par le jugement.
L’Éducation nationale a parallèlement engagé l’application d’un décret publié cet été permettant de changer d’école un élève lorsque le comportement d’un membre de sa famille fait peser un risque caractérisé sur un membre de la communauté éducative. Édouard Geffray avait annoncé dès jeudi que ce nouveau dispositif serait utilisé dans l’affaire du Fauga. Le fils du condamné doit ainsi quitter son établissement et poursuivre sa scolarité dans une autre école, avec un suivi renforcé.

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