Le gouvernement a retenu 109 « territoires d’électrification » chargés d’expérimenter à grande échelle la réduction du recours aux énergies fossiles. Sélectionnés parmi 197 candidatures, ils regroupent 6 676 communes et plus de 14 millions d’habitants, soit plus d’un Français sur quatre. L’exécutif veut y accélérer le remplacement du gaz et du pétrole par une électricité produite en France, notamment pour limiter l’exposition des ménages et des entreprises aux variations des cours internationaux de l’énergie.
Le dispositif concerne très largement les territoires ruraux, qui représentent 87 % des lauréats, mais plusieurs grandes agglomérations comme Lyon, Bordeaux, Metz, Nancy, Strasbourg ou Grenoble ont également été sélectionnées. La Corse, la Martinique, La Réunion ou encore la communauté d’agglomération du Pays basque figurent aussi parmi les zones concernées. Jusqu’à 10 milliards d’euros pourraient être mobilisés à plein régime en 2030, notamment à travers les certificats d’économies d’énergie financés par les fournisseurs d’énergie.
Chaudières, voitures et réseaux de gaz concernés
Concrètement, les collectivités pourront accélérer le remplacement des chaudières fonctionnant au gaz ou au fioul par des pompes à chaleur, des réseaux de chaleur, la géothermie ou d’autres solutions renouvelables. La France compte encore environ deux millions de chaudières au fioul. Le programme prévoit également davantage de bornes de recharge pour les véhicules électriques ainsi qu’un accompagnement des entreprises et du secteur agricole, notamment pour électrifier certaines installations comme les serres.
Dans certaines zones rurales, l’expérimentation pourrait aller jusqu’à la fermeture de portions du réseau de gaz lorsque leur maintien devient particulièrement coûteux, sans couper les industriels ou les installations de production de biogaz qui en dépendent. Chaque territoire dispose désormais jusqu’au 1er décembre pour préciser sa feuille de route avec l’accompagnement de l’Ademe. Une deuxième phase du plan doit être lancée en octobre, alors que le gouvernement rappelle que le gaz et le pétrole représentent encore 60 % de l’énergie consommée en France et veut renforcer le recours à l’électricité nucléaire et renouvelable produite sur le territoire.

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