L’Iran a revendiqué des frappes contre des installations militaires américaines au Koweït et aux Émirats arabes unis, promettant de venger une attaque contre un mariage qui aurait tué quatre personnes. Washington a ouvert une enquête tout en exprimant de vives réserves sur les informations iraniennes.
Les prix du pétrole ont de nouveau flambé cette semaine, portés par la reprise des combats entre l’Iran et les États-Unis, alors que Téhéran maintient son emprise sur le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du transport pétrolier mondial.
L’armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït « avec des missiles et des drones », ainsi que la base Al Minhad aux Émirats arabes unis. Le Koweït a confirmé avoir intercepté une attaque de missiles et de drones en provenance de Téhéran, qualifiant l’incident de « violation grave des règles du droit international ». Les Émirats, eux, n’ont fait état d’aucune attaque sur leur territoire.
Ces frappes font suite à une attaque au missile mardi soir contre un mariage dans la ville côtière de Kuhestak. Le Croissant-Rouge iranien a rapporté au moins quatre morts, dont un enfant, et plus de cinquante blessés parmi les participants aux festivités. L’Iran impute cette frappe aux États-Unis.
Le chef des Gardiens de la révolution, Ahmad Vahidi, a promis jeudi que « le sang pur de ces martyrs opprimés ne restera pas sans réponse ». Le vice-président américain JD Vance a de son côté annoncé l’ouverture d’une enquête, tout en affichant un scepticisme marqué : « Je sais que nous menons une enquête », a-t-il déclaré à la Maison-Blanche, ajoutant que « les médias d’État iraniens n’ont pas très bien rendu compte de ce qui s’est passé dans le conflit jusqu’à présent ».
Le porte-parole du Commandement central américain, Tim Hawkins, a assuré que « l’armée américaine ne vise jamais de civils, contrairement à l’IRGC ». L’épisode rappelle une attaque survenue au début du conflit, lors de laquelle plus de 120 élèves avaient été tués dans une école de filles, une responsabilité américaine d’abord niée puis confirmée après enquête.
Les bombardements américains ont fait au moins 19 morts en Iran au cours de la semaine écoulée, depuis que le président Donald Trump a déclaré son armée prête à frapper « à tout moment ». Une agence de presse publique iranienne a par ailleurs signalé la mort de six membres des forces navales iraniennes dans des attaques américaines cette semaine, sans préciser si ces victimes étaient incluses dans le bilan de 19 morts.
Téhéran a riposté par des frappes à travers le Moyen-Orient, ciblant selon ses déclarations des bases et des forces américaines aux Émirats arabes unis, au Koweït, à Bahreïn, en Jordanie et dans la région du Kurdistan irakien. Vance a néanmoins refusé de parler de « guerre », décrivant les échanges comme des « bouffées de violence » et affirmant que « pour l’instant, il n’y a pas d’échanges de tirs actifs ».
Le conflit a débuté le 28 février avec des attaques américano-israéliennes contre l’Iran, qui ont tué l’ancien Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, dès les premières salves. Un cessez-le-feu conclu en juin s’est effondré en juillet après la reprise des attaques contre des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz.

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