Caracas a notifié vendredi aux Nations unies son retrait du Statut de Rome, dénonçant une institution qu’il juge partiale envers l’Afrique et l’Amérique latine. La CPI rappelle que le Venezuela reste tenu de coopérer avec elle pendant encore un an.
Le Venezuela a officialisé vendredi 25 juillet son retrait de la Cour pénale internationale (CPI), en adressant une notification au secrétaire général de l’ONU António Guterres. Le gouvernement y qualifie sa décision de retrait « ferme et irrévocable » du Statut de Rome.
C’est le ministre des Affaires étrangères, Félix Plasencia, qui a annoncé la nouvelle sur le réseau social X. Il accuse la CPI de cibler prioritairement des pays africains et latino-américains, dénonçant ce qu’il nomme un « lawfare » contre le peuple vénézuélien. La présidente par intérim, Delcy Rodríguez, a repris ce discours quelques heures plus tard lors d’une cérémonie militaire retransmise par la télévision publique, évoquant un dossier d’accusations constitué contre les pays du « Sud global ».
La Haye a réagi avec mesure. La CPI a regretté la décision tout en rappelant qu’elle ne prend pas effet immédiatement. L’article 127 du Statut de Rome prévoit un délai d’un an à compter de la réception officielle de la notification par le Bureau des traités de l’ONU, notification que la Cour indique ne pas avoir encore reçue. Pendant cette période, Caracas demeure État partie et reste tenu de coopérer aux enquêtes et procédures en cours, notamment celle portant sur de présumés crimes contre l’humanité, actuellement menée par une équipe du Bureau du procureur.
Cette rupture se dessinait depuis plusieurs mois. En décembre, l’Assemblée nationale vénézuélienne, dominée par les chavistes, avait adopté à l’unanimité une loi visant à mettre fin à l’adhésion du pays au Statut de Rome. Le président du Parlement, Jorge Rodríguez, avait alors dénoncé l’inefficacité supposée de la Cour et son alignement sur des intérêts étrangers. Cette loi avait été adoptée quelques jours seulement après la fermeture par le Bureau du procureur de son bureau à Caracas, au motif qu’aucun progrès significatif n’avait été accompli dans l’application du principe de complémentarité.
Le Venezuela avait signé le Statut de Rome en 1998 et le ratifié en 2000. Ses relations avec la Cour ont connu plusieurs inflexions depuis lors, de l’ouverture d’un bureau de la CPI à Caracas en 2022 jusqu’au rejet par la Cour des plaintes déposées par Caracas contre les sanctions américaines. Sauf retournement de situation, cette coopération prendra officiellement fin dans un an.
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