Jeffrey Archer est mort lundi 5 octobre à l’âge de 86 ans, a annoncé sa maison d’édition HarperCollins. L’écrivain britannique est décédé à son domicile, de manière soudaine et paisible, entre deux séances de travail, selon l’éditeur. Sa disparition intervient à la veille de la publication d’Adam and Eve, présenté comme son dernier roman. Il devait également participer cette semaine au festival littéraire de Cheltenham. Son éditrice, Kate Elton, a salué son talent de conteur et la place singulière qu’il occupait dans l’édition britannique.
Avec plus de 300 millions d’exemplaires vendus, selon son site officiel, Jeffrey Archer avait bâti un succès international sur des intrigues mêlant argent, pouvoir, ambitions et trahisons. Son premier roman, Not a Penny More, Not a Penny Less, publié en 1975, puisait dans l’expérience d’un revers financier personnel. L’année précédente, l’effondrement d’une entreprise canadienne dans laquelle il avait investi l’avait conduit au bord de la faillite et avait interrompu sa carrière parlementaire. L’écriture lui avait offert une nouvelle trajectoire, portée par un large public malgré un accueil critique souvent sévère.
Une carrière littéraire inséparable des scandales politiques
L’ancien député conservateur n’avait pourtant jamais entièrement renoncé à la politique. Ses activités de collecte de fonds pour les Tories avaient contribué à son retour dans les cercles dirigeants. Margaret Thatcher l’avait nommé vice-président du Parti conservateur en 1985, mais il avait quitté cette fonction l’année suivante après une affaire impliquant un versement d’argent à une prostituée, dont il affirmait vouloir seulement aider la destinataire. En 1992, il avait été élevé à la pairie sur recommandation de John Major, accédant ainsi à la Chambre des lords.
Son parcours avait ensuite été marqué par une condamnation à quatre ans de prison pour parjure et subornation de témoins, liée à un faux alibi utilisé dans une procédure en diffamation contre le Daily Star. Ces scandales avaient durablement compromis ses ambitions politiques, sans mettre fin à sa carrière d’auteur. Jusqu’aux derniers jours, Jeffrey Archer avait continué à écrire et à rencontrer ses lecteurs : selon The Sun, il avait encore participé dimanche à une séance de dédicaces à Londres. Il laisse une œuvre populaire dont les ressorts romanesques faisaient écho aux ascensions et aux chutes de sa propre vie.

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