Le prix Médicis a dévoilé, jeudi 15 octobre, sa deuxième sélection pour l’édition 2026, marquée par une forte présence féminine. Parmi les sept romans français encore en compétition, six sont signés par des femmes. Anne Godard, Lucie Rico, Daria Marx, Emma Marsantes, Lucie Bérard et Sarah Tadlaoui figurent parmi les autrices retenues, tandis que Philippe Vasset est le seul romancier de cette catégorie. Le jury, présidé par l’écrivaine Pascale Roze, a également sélectionné neuf romans étrangers et douze essais. Les lauréats seront annoncés le lundi 2 novembre, à la veille de la proclamation du prix Goncourt, l’une des autres grandes récompenses de la rentrée littéraire.
Parmi les ouvrages français toujours en lice figurent Nous aussi d’Anne Godard, publié chez Actes Sud, Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ? de Lucie Rico, paru chez P.O.L, ou encore Tuer le vieux de Daria Marx, publié chez Flammarion. La sélection comprend également Décolorer sa fille de Lucie Bérard, N’efface pas mes cercles d’Emma Marsantes, Croire au code de Sarah Tadlaoui et Dans les grandes lignes de Philippe Vasset. Le jury accorde par ailleurs une place notable aux maisons d’édition indépendantes, notamment Les Intranquilles, Verdier et Héloïse d’Ormesson. Cette diversité éditoriale correspond à la tradition du Médicis, qui cherche notamment à mettre en lumière des écritures singulières.
Thélyson Orélien disparaît de la sélection après une polémique
L’une des principales nouveautés concerne l’absence du roman C’était ça ou mourir, du romancier canado-haïtien Thélyson Orélien, publié chez Grasset. Présent dans la première sélection du Médicis, l’ouvrage a été retiré de la deuxième liste alors que son auteur fait l’objet d’accusations concernant un possible recours important à l’intelligence artificielle dans l’écriture de son livre. Thélyson Orélien conteste ces accusations et maintient ne pas avoir utilisé cette technologie. Mardi, il a toutefois reconnu avoir commis des erreurs dans les années 2010 en plagiant d’autres auteurs. Le roman a également disparu de la deuxième sélection du Goncourt, mais reste en compétition pour le Renaudot, dont le jury a choisi de le maintenir parmi ses neuf romans retenus.
Dans les autres catégories, le Médicis distingue notamment les romans étrangers de Laura Kasischke, Eva Baltasar, Robert Seethaler et Juan Gabriel Vásquez. La sélection des essais réunit douze ouvrages, parmi lesquels Auschwitz, une histoire de femmes de Johanna Lehr, L’Hospitalité. Affirmer l’humanité de Souleymane Bachir Diagne et Une prière pour John Coltrane de Jérôme Schmidt. Le jury, qui comprend notamment Marie Darrieussecq, Anne Garréta et Andreï Makine, devra départager ces œuvres dans un peu plus de deux semaines. En 2025, le prix Médicis du roman français avait été attribué à Emmanuel Carrère pour Kolkhoze, publié chez P.O.L. Cette nouvelle édition s’annonce particulièrement suivie, entre la place dominante des romancières, la diversité des éditeurs sélectionnés et la controverse entourant le roman de Thélyson Orélien.

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