L’écrivain français Philippe Jaenada a remporté ce mardi le prix Goncourt 2026 pour son roman L’Inconnue du quai de Javel, publié aux éditions Flammarion. À 62 ans, l’auteur a décroché la plus prestigieuse récompense littéraire française grâce à un livre consacré à la mort mystérieuse d’une jeune femme retrouvée sur les quais de la Seine en 1949. Il succède à Laurent Mauvignier, récompensé en 2025 pour La Maison vide.
Philippe Jaenada l’emporte par six voix contre trois
Le verdict a été annoncé ce mardi à la mi-journée au restaurant Drouant, dans le deuxième arrondissement de Paris, où l’académie Goncourt se réunit traditionnellement pour désigner son lauréat.
Philippe Jaenada a remporté le scrutin par six voix contre trois face à Sylvain Prudhomme, finaliste avec De l’autre côté du lac, publié aux éditions de Minuit.
Deux autres écrivains figuraient dans la dernière sélection : Yannick Haenel, pour La Solitude des professeurs est infinie, et Clémentine Mélois, pour Choses que je croyais perdues.
Le romancier reçoit une dotation symbolique de 10 euros. La véritable récompense est commerciale : le prix Goncourt garantit une visibilité considérable en librairie et entraîne généralement une forte augmentation des ventes.
Un meurtre mystérieux sur les quais de Paris en 1949
Dans L’Inconnue du quai de Javel, Philippe Jaenada revient sur une affaire criminelle vieille de 77 ans. En 1949, Louise Cansot, une jeune femme qui posait comme modèle pour plusieurs peintres parisiens, avait été retrouvée morte sur le quai de Javel, à Paris.
L’enquête policière de l’époque avait laissé de nombreuses interrogations. Quatre suspects avaient été identifiés, mais les investigations n’avaient pas permis d’élucider les circonstances exactes de sa mort. Le dossier avait ensuite disparu des radars.
Fidèle à sa méthode, Philippe Jaenada a entrepris de reconstituer l’histoire de la victime. Il a consulté des archives, retrouvé les lieux fréquentés par la jeune femme et remonté sa piste jusqu’à son enfance en Bretagne.
Le roman, publié le 12 août dernier, mêle enquête documentaire, reconstitution historique et exploration de la vie de Louise Cansot. L’auteur revendique notamment l’influence de Georges Simenon et de son célèbre commissaire Maigret.
Un écrivain passionné par les affaires criminelles oubliées
Né en 1964 à Saint-Germain-en-Laye, Philippe Jaenada s’est imposé au fil des années comme un spécialiste des enquêtes littéraires consacrées à des faits divers anciens.
Il avait publié son premier roman, Le Chameau sauvage, en 1997, un livre récompensé par le prix de Flore. Il avait ensuite poursuivi sa carrière avec plusieurs ouvrages, dont Le Cosmonaute en 2002 et Vie et mort de la jeune fille blonde en 2004.
En 2017, il avait obtenu le prix Femina pour La Serpe, une enquête consacrée à une triple affaire de meurtre survenue en 1941 dans le Périgord. Le livre revenait sur le destin d’Henri Girard, futur écrivain connu sous le pseudonyme de Georges Arnaud, qui avait été acquitté après avoir été accusé du crime.
Philippe Jaenada avait poursuivi ses investigations historiques avec Au printemps des monstres, publié en 2021, puis La Désinvolture est une bien belle chose, paru en 2024. Ce dernier avait déjà été sélectionné pour le prix Goncourt.
Un prix Goncourt marqué par une polémique sur l’intelligence artificielle
L’édition 2026 du prix Goncourt avait également été marquée par une controverse concernant l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la littérature.
Le roman C’était ça ou mourir, de l’écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien, avait été retiré de la sélection le 25 septembre après des soupçons d’utilisation de l’intelligence artificielle et des accusations de plagiat.
L’auteur avait contesté avoir utilisé l’intelligence artificielle pour écrire son livre, tout en reconnaissant des emprunts à d’autres textes.
Cette exclusion avait précédé les dernières étapes de sélection, qui avaient ramené la compétition à quatre finalistes le 27 octobre.
Philippe Jaenada succède à Laurent Mauvignier
Avec cette victoire, Philippe Jaenada succède à Laurent Mauvignier, couronné en 2025 pour La Maison vide, publié aux éditions de Minuit.
Le roman de Laurent Mauvignier avait rencontré un immense succès commercial, dépassant les 500 000 exemplaires vendus.
Le Goncourt, attribué depuis 1903, reste la distinction littéraire la plus convoitée en France. Son célèbre bandeau rouge sera désormais apposé sur les exemplaires de L’Inconnue du quai de Javel, déjà présent parmi les meilleures ventes avant même l’annonce du prix.









Réagir à l’article
Soyez le premier à commenter cet article.