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Sans surprise, l’éditeur de Thélyson Orélien confirme l’utilisation de l’IA pour écrire son roman et lâche l’écrivain

Sans surprise, l’éditeur de Thélyson Orélien confirme l’utilisation de l’IA pour écrire son roman et lâche l’écrivain
Sans surprise, l’éditeur de Thélyson Orélien confirme l’utilisation de l’IA pour écrire son roman et lâche l’écrivain

L’affaire Thélyson Orélien connaît un dénouement embarrassant mais sans surprise pour l’écrivain québécois d’origine haïtienne. Ce mercredi, les éditions du Boréal ont confirmé que l’intelligence artificielle avait été utilisée dans le processus d’écriture de son roman C’était ça ou mourir, l’un des succès de la rentrée littéraire. Après plusieurs semaines de polémique, de démentis catégoriques de l’auteur et de soutien de sa maison d’édition, celle-ci a finalement décidé de rompre sa collaboration avec lui. Elle renonce également à réimprimer son livre.

L’éditeur confirme le recours à l’intelligence artificielle

Dans un communiqué publié mercredi, les éditions du Boréal annoncent avoir recueilli de nouveaux éléments concernant les conditions de rédaction du roman. La maison d’édition affirme que « de nouveaux éléments, confirmés au cours des derniers jours, indiquent que l’intelligence artificielle a été utilisée dans le processus d’écriture de C’était ça ou mourir ».

L’éditeur ajoute que l’auteur lui avait assuré à plusieurs reprises ne jamais avoir utilisé cette technologie pour créer son roman. Les conclusions du Boréal contredisent donc directement les déclarations répétées de Thélyson Orélien, qui affirmait avoir entièrement rédigé son livre lui-même.

Les conséquences sont immédiates. La maison d’édition annonce qu’elle ne procédera à aucune nouvelle impression de C’était ça ou mourir et qu’elle ne publiera plus les futurs ouvrages de l’écrivain. Une rupture particulièrement sévère pour un auteur dont le premier roman avait bénéficié d’une importante exposition médiatique et rencontré un succès commercial.

Thélyson Orélien avait pourtant catégoriquement démenti

Le 13 octobre dernier, après plusieurs semaines de silence, Thélyson Orélien avait publiquement rejeté les accusations concernant l’utilisation de l’intelligence artificielle. Dans un long texte intitulé Ce roman que j’ai écrit, il dénonçait une campagne injustifiée contre son travail.

« On dit que C’était ça ou mourir a été rédigé par une intelligence artificielle. C’est une calomnie et une hérésie », affirmait-il alors. L’écrivain reconnaissait uniquement avoir utilisé certains outils pour effectuer des recherches, notamment sur des expressions étrangères.

Il allait même plus loin en assurant : « Mais aucune phrase de ce livre n’a été créée par une machine. » Une affirmation désormais directement contredite par les conclusions de son éditeur concernant le processus d’écriture.

L’auteur expliquait avoir commencé son roman à l’automne 2017, au Québec, avant d’en achever une première version en 2019. Il revendiquait une œuvre personnelle, inspirée de son expérience de l’exil et de celle d’autres migrants.

Un éditeur qui le défendait encore il y a une semaine

Le revirement des éditions du Boréal est d’autant plus spectaculaire que la maison québécoise avait maintenu son soutien à l’écrivain le 14 octobre. Elle annonçait alors conserver le roman en librairie, faute de disposer d’éléments établissant avec certitude l’utilisation de l’intelligence artificielle.

Auparavant, l’éditeur avait entrepris de reconstituer avec Thélyson Orélien les différentes étapes de création du manuscrit. Mais cette démarche avait rencontré des difficultés. Le 17 octobre, il était apparu que l’écrivain avait abandonné ses efforts pour réunir les documents susceptibles d’étayer ses démentis.

Quatre jours plus tard, la position du Boréal a radicalement changé. La maison d’édition confirme désormais l’utilisation de l’IA et met fin à sa relation professionnelle avec l’auteur.

Des accusations de plagiat déjà reconnues par l’écrivain

La polémique ne concerne pas uniquement l’intelligence artificielle. Thélyson Orélien a également été accusé d’avoir plagié plusieurs textes au début de sa carrière, notamment des articles et des poèmes publiés dans les années 2010.

Sur ce point, l’écrivain avait reconnu les faits et présenté ses excuses. « J’avais un peu plus de 20 ans, j’étais sans doute un peu trop pressé, sans vraiment mesurer ce que j’avais encore à apprendre », expliquait-il dans sa déclaration du 13 octobre.

Il avait également reconnu que « admirer n’autorise pas à prendre, à m’attribuer des textes qui ne sont pas les miens ». Ces aveux avaient déjà fragilisé sa crédibilité alors qu’il tentait de défendre l’authenticité de son roman.

Du succès littéraire à l’exclusion du prix Goncourt

Publié en France le 19 août 2026 chez Grasset, C’était ça ou mourir s’était rapidement imposé parmi les succès de la rentrée littéraire. Le livre avait bénéficié d’une reconnaissance importante, notamment avec l’attribution du prix du Roman Fnac.

Mais les accusations apparues le 21 septembre ont bouleversé cette trajectoire. Comme nous l’expliquions dès le 22 septembre dans un article consacré aux soupçons d’utilisation de l’intelligence artificielle dans le roman de Thélyson Orélien, la polémique avait éclaté après la publication d’analyses réalisées avec un logiciel de détection de textes générés par IA.

Le compte X Balance ton Claude avait notamment affirmé que de nombreux passages du roman avaient été produits artificiellement. Ces accusations avaient rapidement provoqué une onde de choc dans le monde de l’édition, alors que le livre figurait parmi les ouvrages les plus remarqués de la rentrée.

L’académie Goncourt avait ensuite décidé d’écarter le roman de sa sélection, invoquant sa volonté de préserver l’intégrité du prix et de défendre la littérature écrite par des êtres humains. Le prix Renaudot avait, de son côté, maintenu l’ouvrage dans sa deuxième sélection.

Les tournées promotionnelles de l’écrivain avaient également été suspendues, d’abord au Canada, puis en France.

Une carrière littéraire brutalement compromise

À 38 ans, Thélyson Orélien se retrouve désormais privé du soutien de son éditeur canadien. Son premier roman, qui devait consacrer son entrée dans le monde littéraire, est devenu le centre d’une controverse sur l’authenticité des œuvres et les pratiques de certains auteurs.

L’annonce du Boréal donne une tout autre dimension à cette affaire. Jusqu’à présent, les accusations reposaient essentiellement sur des analyses informatiques contestées par l’écrivain. Désormais, c’est sa propre maison d’édition qui affirme avoir obtenu de nouveaux éléments confirmant le recours à l’intelligence artificielle.

Le Boréal n’a toutefois pas détaillé les passages concernés ni la proportion exacte du roman rédigée à l’aide de cette technologie. L’éditeur confirme son utilisation dans le processus d’écriture, sans établir publiquement que l’intégralité de l’ouvrage a été produite par une machine.

Pour Thélyson Orélien, le contraste est saisissant. Il y a encore quelques semaines, son roman figurait parmi les livres les plus remarqués de la rentrée. Aujourd’hui, son propre éditeur confirme l’utilisation d’une technologie que l’écrivain avait catégoriquement nié avoir employée pour rédiger son œuvre, et met un terme à leur collaboration.

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