Une enquête judiciaire et plusieurs investigations internes ont été ouvertes après une succession de drames au sein des services du premier ministre. Deux agents se sont suicidés en mars 2026, tandis que deux tentatives de suicide ont été recensées depuis octobre 2025, selon des informations révélées par France Inter.
Face à cette situation particulièrement préoccupante, un représentant du personnel a effectué plusieurs signalements en juin sur le fondement de l’article 40 du Code de procédure pénale. Ce dispositif impose à toute autorité publique ou à tout fonctionnaire ayant connaissance d’un possible crime ou délit d’en informer la justice. Trois enquêtes internes ont parallèlement été déclenchées à Matignon.
L’une des fonctionnaires ayant tenté de mettre fin à ses jours en avril a porté plainte pour « harcèlement moral ». Plusieurs responsables du service de la correspondance du premier ministre sont visés par ses accusations, parmi lesquels la cheffe du service, son responsable par intérim, un adjoint et un autre membre de l’encadrement. Le parquet de Paris a confié les investigations à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne.
Des méthodes de management vivement contestées
Employée dans ce service depuis 2022, la plaignante affirme avoir progressivement été privée de ses missions, tenue à l’écart des réunions et isolée professionnellement. Elle assure que cette marginalisation se serait poursuivie malgré le recours aux mécanismes internes destinés à signaler les situations de souffrance au travail.
Plusieurs témoignages décrivent un environnement marqué par de fortes tensions. L’instabilité politique, avec quatre premiers ministres en seulement deux ans, aurait multiplié les réorganisations et dégradé les conditions de travail. La diminution des effectifs et la compétition entre agents auraient également favorisé des pratiques managériales jugées particulièrement brutales.
Une mission générale consacrée aux risques psychosociaux doit désormais examiner les conditions de travail dans l’ensemble des services concernés. Elle devra déterminer si ces situations résultent de comportements individuels ou de dysfonctionnements plus profonds. Le nombre croissant de saisines enregistrées par le dispositif interne « Vigisouffrance » montre déjà que le malaise dépasse probablement une succession de cas isolés.
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