EXCLU - La colère de Babette de Rozières: "Le meurtre de Lyhanna aurait pu être évité si Gérald Darmanin avait protégé nos enfants des prédateurs sexuels."
EXCLU - La colère de Babette de Rozières: "Le meurtre de Lyhanna aurait pu être évité si Gérald Darmanin avait protégé nos enfants des prédateurs sexuels."

Alors que la France est sous le choc de l’affaire Lyhanna, et notamment des dysfonctionnements de la justice qui ont favorisé ce drame, l’émotion est plus vivte que jamais autour des violences sexuelles, de la protection des victimes et du traitement judiciaire des plaintes. Babette de Rozières, Conseillère régionale Paris Île-de-France, a souhaité prendre la parole dans une tribune particulièrement offensive qu’elle a envoyée à la rédaction d’Entrevue. L’élue y dénonce ce qu’elle considère comme des défaillances politiques et judiciaires face aux violences faites aux femmes et aux enfants, tout en interpellant directement plusieurs responsables publics.

Son texte est dans le prolongement des débats suscités par l’affaire Lyhanna, par les critiques visant le fonctionnement du parquet et par les interrogations récurrentes sur la capacité de l’État à protéger les victimes, notamment lorsque des personnalités proches du pouvoir sont mises en cause. Babette de Rozières y mêle indignation personnelle, analyse politique et appel à une réforme profonde de la justice.

Nous publions ci-dessous cette tribune libre dans son intégralité. Les propos tenus, les accusations formulées et les appréciations exprimées n’engagent que leur auteure.

Tribune libre de Babette de Rozières :

« Vingt-six ministres ou personnalités politiques proches de Macron sont impliqués dans des affaires politico-financières depuis que Macron est aux manettes, en 2017, dont quatre ministres de la Justice, parmi lesquels Gérald Darmanin, compromis dans trois affaires de viols et de harcèlements sexuels classées sans suite, et toujours en fonction, alors même qu’Emmanuel Macron, en 2017, à son arrivée au pouvoir, déclarait : « Tout ministre mis en examen aura l’obligation de quitter le gouvernement. »

Le classement sans suite est devenu une spécialité sous la gouvernance de Macron.

Sur les 26 personnalités impliquées, et il serait trop fastidieux de les citer, certains, les plus nombreux, ont fait l’objet d’un classement sans suite pour infraction insuffisamment caractérisée.

Pour les autres, les affaires sont toujours en cours. C’est dire que le parquet, qui conserve l’opportunité des poursuites, a considéré que la bouteille à moitié vide et à moitié pleine que constitue la présomption d’innocence n’était pas suffisamment remplie et ne contenait pas suffisamment d’éléments pour renvoyer l’auteur devant le tribunal, même s’il reste au fond de la bouteille un dépôt nauséeux.

Il n’est pas inutile de rappeler que le parquet, qui regroupe tous les procureurs de la République, chefs de la police et grands maîtres des horloges judiciaires, est structurellement rattaché et sous le contrôle hiérarchique du ministre de la Justice, qui est un homme politique, membre du gouvernement, nommé par le président de la République.

Au ministère de la Justice, c’est la grosse tambouille de l’entre-soi.

Il est grand temps de couper le lien qui relie statutairement les magistrats du parquet et les magistrats du siège, que sont les juges, et qui, seuls, doivent bénéficier d’une totale indépendance. Ceci implique une courageuse volonté politique de refondre le statut de la magistrature de 1958 et d’intégrer les procureurs au statut de la fonction publique de 1953 pour en faire des agents de l’État soumis hiérarchiquement au ministre de la Justice.

Ceci étant dit.

Paul-Hugo Verdin, l’actuel chef de cabinet du Premier ministre, sort du bois.

J’ai été saisie, en ma qualité d’élue à la Région Île-de-France, de faits de viol qui se seraient déroulés à l’automne 2024 dans le bureau du chef de cabinet de monsieur Sébastien Lecornu, alors ministre des Armées.

Les éléments factuels qui m’ont été rapportés en octobre 2025 m’ont paru suffisamment graves et circonstanciés pour que j’estime devoir saisir le procureur de la République sur le fondement de l’article 40 du Code de procédure pénale.

D’après les informations qui m’ont été communiquées par mon avocat, qui suit ce dossier, l’affaire était connue du parquet de Paris, qui l’avait déjà classée sans suite en juillet 2025, ce que j’ignorais. Jusque-là, rien de nouveau : l’affaire a donc été réouverte et l’enquête est en cours.

Je ne reviendrai pas sur les circonstances qui m’ont amenée à révéler les faits, sauf à préciser que c’est dans le cadre d’une interview sur mon parcours professionnel donnée le 13 février 2026 sur la chaîne de télévision internet Scroll-Téléradio que, répondant à une question d’actualité du journaliste sur l’affaire Epstein, j’ai tout naturellement évoqué les faits objets de mon signalement, me gardant bien de citer le nom de Paul-Hugo Verdin.

C’est par un courrier d’avocat adressé au journaliste que l’auteur, se sentant visé en la personne de monsieur Paul-Hugo Verdin, actuellement chef de cabinet de monsieur Sébastien Lecornu, s’est manifesté pour demander le retrait du passage diffusé, sous menace de déposer plainte en diffamation. Ce que la chaîne a refusé de faire, au motif que le nom de l’agresseur n’avait pas été mentionné à l’antenne.

L’affaire a été reprise et commentée sur les réseaux sociaux, qui se sont enflammés avec plus de 700 000 vues.

Lettre ouverte à Sébastien Lecornu.

Devant l’absence de réaction officielle, j’ai adressé le 13 mars 2026 un courrier à madame la ministre des Armées afin de l’interpeller sur la question des violences sexuelles commises au sein de nos armées et sur mineurs : pas de réponse.

Idem pour un courrier adressé à madame la ministre de la Santé, sur le même sujet : pas de réponse.

Ne pouvant laisser les choses en l’état, j’ai donc publié sur les réseaux sociaux une lettre ouverte à monsieur Sébastien Lecornu, aujourd’hui Premier ministre, avec qui j’ai entretenu de bonnes relations lorsqu’il était ministre des Outre-mer, sachant qu’il a fait de la lutte contre les violences sexuelles et sexistes « son cheval de bataille » : pas de réponse.

Je ne comprends pas comment un ministre ait pu couvrir des faits criminels de viol, dès lors qu’il en a eu connaissance, comme le montrent ses interventions et ses prises de décisions dans le déroulement chronologique des faits :

Victime exfiltrée à la mairie de Paris dans les jours qui ont suivi, laquelle est aujourd’hui au chômage, à la recherche d’un emploi.

Monsieur Paul-Hugo Verdin, auteur présumé, exilé pendant deux mois à Mayotte, le temps que l’affaire se tasse, puis renommé à son poste par arrêté de Sébastien Lecornu le jour même du classement sans suite, le 28 juillet 2025.

Discours du président Macron

J’ai gardé en mémoire la teneur du discours du président Macron, le 25 novembre 2017, lors de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, lorsqu’il a déclaré qu’il faisait de ce fléau « la grande cause de son quinquennat ».

Qu’a-t-il fait depuis ? Lui qui a eu à connaître, lorsqu’il avait 14 ans au lycée de La Providence d’Amiens, sa professeure de théâtre, âgée de 39 ans, mariée et mère de deux enfants au moment des faits.

Les parents du mineur Macron ont bien été tentés de saisir la justice. On est en droit de se poser la question de savoir si les faits qui étaient connus des enseignants sont prescrits ? Je m’interroge !

Actuellement, 32 000 femmes œuvrent sur tous les terrains militaires dans nos armées. La cellule Thémis, créée spécialement en 2014 et restructurée par monsieur Sébastien Lecornu en 2024 pour faciliter et renforcer les moyens d’investigation et protéger les victimes d’agressions sexuelles et sexistes, a été saisie en 2023 de 226 signalements, dont 27 viols.

En 2024, on dénombre 326 signalements, dont 43 viols, et les chiffres sont en hausse pour 2025.

C’est donc une question de santé publique et un sujet d’intérêt national que de s’attaquer à ce fléau qui gangrène notre société, et les Français sont en droit d’attendre une réponse.

La mise en œuvre d’un véritable plan de protection des femmes victimes de viols dans nos armées et, plus généralement, sur les lieux de travail, est plus que jamais d’actualité, et il importe de revoir entièrement le dispositif législatif et la politique pénale.

Ne pas dénoncer ces faits revient à favoriser la récidive. Se taire, c’est acquiescer, c’est se déclarer complice, c’est nier la reconnaissance des victimes, des femmes outragées et traumatisées.

Procédé vulgaire d’intimidation

En ce qui me concerne, et en ma qualité d’élue, j’ai fait l’objet d’une citation directe en diffamation devant le tribunal judiciaire à la requête de monsieur Paul-Hugo Verdin, pour avoir osé dénoncer les faits comme j’en avais l’obligation en vertu des dispositions de l’article 40 du Code de procédure pénale. La justice tranchera.

Il s’agit là d’un procédé d’intimidation inqualifiable que je réprouve et qui est indigne d’un chef de cabinet.

Mais de quoi a peur monsieur Paul-Hugo Verdin ?

Pourquoi n’a-t-il pas déposé plainte avec constitution de partie civile contre moi ?

A-t-il peur des questions d’un juge d’instruction qui serait nommé ?

Pour quelle raison est-il resté planqué à Mayotte après le viol ?

Il est urgent, dans le contexte d’actualité que nous connaissons aujourd’hui, avec son lot d’agressions sexuelles impliquant des personnalités de premier plan, de prendre des dispositions adaptées pour libérer la parole et protéger les femmes victimes de violences sexuelles et sexistes, que ce soit dans la famille, sur les lieux de travail ou, comme en l’espèce, au sein d’un cabinet ministériel, car un viol marque une femme dans sa chair à perpétuité.

« Un viol est un acte de pénétration non consentie.

Un viol est une agression, ce n’est pas un acte d’amour.

Le vagin d’une femme n’est pas le réceptacle dans lequel un homme en rut déverse ses gamètes pour assouvir ses pulsions animales.

Les conséquences physiques et psychologiques chez les victimes d’agressions sexuelles sont perpétuelles, et les troubles de la personnalité sont irréversibles.

Ça fait mal, un viol, et je sais de quoi je parle. »

Les victimes, lorsqu’elles ne perdent pas la vie, souffrent de déchirures anales ou vaginales, de coupures, d’ecchymoses, d’émotions perturbantes et de troubles du sommeil.

Je ne peux passer sous silence le meurtre de Lyhanna, qui aurait pu être évité si le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Gérald Darmanin, chef hiérarchique des procureurs, n’avait pas failli dans sa mission de protéger nos enfants des prédateurs sexuels.

J’en appelle à la démission du ministre de la Justice, qui devrait prendre conscience de ses carences plutôt que de s’excuser platement devant les Français et de s’accrocher à son fauteuil pour protéger son rond de serviette.

Un peu de pudeur, monsieur le garde des Sceaux !

La femme porte en elle l’avenir de l’humanité depuis l’origine du monde et mérite protection et respect.

Il est temps de passer aux actes. Nous en avons marre de ce gouvernement de petits marquis de pacotille irresponsables qui rôdent à l’affût dans les couloirs du pouvoir !

Il conviendrait d’avoir un vrai ministre de la Justice, capable de mener une réforme profonde du système judiciaire complètement pourri, avant que les Français ne se révoltent.

Je suis ulcérée par tant d’incuries, qui classent la France à la troisième place des pays les plus dangereux et corrompus.

Jacques Chirac avait dit : « On greffe de tout aujourd’hui : des reins, des bras, un cœur, sauf des couilles par manque de donneurs » Et ce n’est pas au ministère de la justice qu’on les trouvera…

Babette de Rozières
Conseillère régionale Paris Île-de-France UDR
Grand prix du rayonnement Français »

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