Ils seront près de 19 000 à prendre la route entre Paris et Chartres du 7 au 9 juin, pour la 43e édition du pèlerinage organisé par l’association Notre-Dame-de-Chrétienté. Un chiffre jamais atteint jusque-là, qui confirme l’essor spectaculaire de ce rendez-vous emblématique du catholicisme traditionaliste.
Un rite ancien sous surveillance romaine
Cette marche de 100 kilomètres, organisée chaque week-end de Pentecôte, est l’un des plus grands rassemblements catholiques d’Europe. Elle attire une majorité de jeunes fidèles attachés à la liturgie tridentine, selon le rite en latin d’avant le concile Vatican II. Une pratique pourtant de plus en plus encadrée par Rome. Le Vatican, dans sa volonté d’unification liturgique, avait laissé entendre que les messes célébrées selon le rite ancien pourraient être interdites cette année à l’arrivée à Chartres. Finalement, l’évêque du lieu, Mgr Philippe Christory, a autorisé ces célébrations. Mais il rappelle que cette autorisation ne doit pas devenir un standard exclusif. Il demande à ce que les prêtres souhaitant utiliser le rite actuel ne soient pas marginalisés par les organisateurs : « Ce n’est pas à l’association de fixer les règles liturgiques sur le territoire diocésain », précise-t-il.
Pour de nombreux participants, cette reconnaissance est vécue comme une victoire.
Nicolas, 27 ans, venu du Loiret, se dit « conservateur » et attaché à une pratique religieuse « rigoureuse et héritée ». Il affirme que de plus en plus de jeunes partagent ce goût pour la tradition et attendent du Vatican une reconnaissance de cette diversité liturgique. Il invoque même l’appel à l’unité lancé récemment par le pape Léon XIV, dont le pontificat débute dans un contexte ecclésial particulièrement polarisé.
