img_6859.jpg
Le père d’Estelle Mouzin réagit à l’affaire Lyhanna: «Les défaillances de la justice sont connues depuis très longtemps»

Éric Mouzin, père d’Estelle Mouzin, a réagi avec une émotion très forte à la disparition de Lyhanna, 11 ans, dans le Gers. Plus de 20 ans après l’enlèvement de sa fille Estelle, il dit penser d’abord aux parents de la collégienne, plongés dans une attente insoutenable après la découverte d’un corps d’enfant près de la zone de recherches. Pour lui, ce moment renvoie directement à sa propre histoire. Il décrit un basculement brutal, celui d’une famille projetée dans un monde inconnu, sombre, où les repères disparaissent. « Quand je pense à eux, j’ai l’impression que c’est moi », confie-t-il.

Une douleur ravivée par l’attente et l’incertitude

Éric Mouzin insiste sur la nécessité d’accompagner les parents de Lyhanna. Il espère qu’ils sont informés le mieux possible de l’avancée des investigations, contrairement à ce qu’il dit avoir vécu après la disparition d’Estelle en 2003. 

Pour rappel, un corps d’enfant a été retrouvé dans une exploitation agricole du Gers, porteur de vêtements similaires à ceux de Lyhanna au moment de sa disparition. L’identification formelle et les conclusions médico-légales doivent être établies par l’autopsie. 

« Surréaliste » : Éric Mouzin dénonce les réactions politiques

Éric Mouzin ne mâche pas ses mots contre Gérald Darmanin et Laurent Nuñez. Selon lui, les deux ministres donnent l’impression de « découvrir l’existence de dysfonctionnements au sein de leur ministère », une posture qu’il juge « surprenante, surréaliste ». Le père d’Estelle Mouzin estime que ces défaillances ne datent pas de l’affaire Lyhanna : elles sont connues « depuis très longtemps ». Il pointe un problème structurel de moyens et d’organisation : sans magistrats, sans moyens suffisants et avec une institution judiciaire fragilisée, « la machine » ne peut pas fonctionner correctement.

Le père d’Estelle Mouzin rappelle que les lenteurs, les manques de moyens et les défaillances d’organisation de la justice ne sont pas nouveaux. Dans l’affaire Lyhanna, le principal suspect avait déjà été visé par plusieurs plaintes et signalements pour des faits à caractère sexuel visant des mineurs, ce qui nourrit les interrogations sur le traitement judiciaire antérieur. 

Le même sentiment d’abandon face à la machine judiciaire

Éric Mouzin établit un parallèle avec l’affaire Estelle Mouzin, marquée par de longues années d’errance avant la reconnaissance de la responsabilité de Michel Fourniret. Sans moyens, sans magistrats en nombre suffisant et sans organisation solide, l’institution judiciaire ne peut pas protéger efficacement. Une intervention qui donne une résonance particulière au drame de Lyhanna.

Partager